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"La population de l'Ariège est intelligente, sobre, laborieuse ; obligée de lutter sans cesse pour conquérir le pain du jour dans un pays où l'inégalité entre le nombre des habitants et l'étendue de la terre cultivable existe au plus haut degré, cette population est condamnée à de rudes privations et à une fatigue sans repos. Telle est la cause principale de cette immigration qui, depuis quelques années surtout, se développe sur une grande échelle. On rencontre maintenant des Ariégeois partout, à Toulouse, à Bordeaux, à Marseille, à Lyon, à Paris, en Afrique, en Amérique. On peut dire que dans ces divers parages où les a poussés une fatalité invincible, les Ariégeois se distinguent par leur activité, leur probité, et en général par le succès de leurs entreprises. Quel que soit l'attachement à la vallée natale, ils se résignent courageusement, et s'acclimatent bientôt en dehors, soit énergie dans la volonté, soit souplesse dans le caractère et facilité de cosmopolitisme chez une population qui porte dans ses veines, avec l'élément positif, du sang phénicien, grec, romain, visigoth, franc, arabe, espagnol ; origine composée ont les marques sont encore vivantes dans la langue vulgaire et dans les moeurs. C'est ce qui explique aussi l'hospitalité affectueuse des Ariégeois et leur dévouement envers les étrangers. Combien ceux-ci, trompés d'abord par d'injustes préventions et qui n'étaient arrivés qu'avec répugnance dans ces montagnes, ont été pénétrés sensiblement par le charme de ces qualités sociales, ont aimé ce séjour, ne l'ont quitté qu'avec regret, y ont même axé leur vie !" Laffite, chef de division à la préfecture de l'Ariège (1875)
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