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Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Les olympiades rustiques

 

Avec les hommes de la hache

Les jeux d'Olympie n'ont pas été à l'origine que des compétitions entre pasteurs et laboureurs, comme il y en eut de tout temps. Et dans les pays de la Garonne, au soir d'une journée de vendange ou de moisson, spontanément, les plus forts et les plus  adroits se défient dans un concours où leur occupation même devient l'enjeu de leur exploit : transporter des sacs de blé, hisser des ballots de paille, renverser une charrette...

 

Dans les villages du Béarn, au début du siècle, les garçons, sous l'oeil attentif de leurs fiancées, se défiaient au lancer de l'enclume, au vire-perche... Dans les pâturages d'Ahusquy, au fond de la vallée de la Soule, le 15 août, depuis des millénaires, les bergers luttent au saut, à la course, au lancer de la pierre ou de la barre à mine, et on accourt de tout le Pays basque quand on annonce un tournoi d'aizkolarris (homme de la hache). La débauche d'énergie que représente ce sport, la fureur sacrée qui saisit les concurrents correspondent aux impulsions profondes de la race. L'épreuve consiste à couper en deux, à la hache, huit ou dix billots de bois de 1 m à 1,50 m de circonférence. Le vainqueur est celui qui y met le moins de temps. L'homme monte sur la bille de hêtre solidement calée par des chevilles, les pieds écartés, la hache haute ; au cri de "Aintzia !", il attaque... En 1950, un Navarrais de vingt-trois ans coupa 10 troncs de 1,50 m en 40 minutes.

 

Au début du siècle, la Soule comptait encore quelques lanceurs de barre, les palankaris. Ce sport qui consiste à lancer au loin des barres de fer de 4 à 8 kilos, passe pour être l'un des plus anciens. Les Basques y excellaient déjà au XIVe siècle.

 

Le goût pour ces jeux sportifs les a fait survivre dans cette terre aux fortes traditions. Depuis longtemps, la ville de Saint-Palais attire au festival de la Force basque des athlètes rustiques qui se présentent en pantalon, chemise et sandales, luttent farouchement et, l'épreuve achevée, se fondent dans le groupe des amis. Ces olympiades comportent six épreuves typiques : dans le soka tira, deux équipes d'hommes s'arc-boutent aux extrémités d'un câble ; les salsularis courent avec un sac de 100 kg sur l'épaule ; les lasto altsari soulèvent des ballots de paille ; les ségari sont des scieurs de long ; les célèbres aizkolarris manient leur terrible hache ; enfin le plus original, le jeu de la charrette, qui consiste à faire pivoter le véhicule sur son timon.