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Cette dernière passe de longs moments à peigner se chevelure, à l'aide d'un peigne d'or et ses richesses provoquent la convoitise des bergers. Untel approcha de sa demeure un jour, attiré par des éclats d'or au soleil : la Basa Andere était en train de frotter un grand chandelier en cuivre. La tentation est trop forte, le berger s'empare de l'objet rutilant et s'enfuit à toutes jambes. Basa Jaun, alerté par les cris de sa compagne, prend l'homme en chasse à travers les hauteurs d'Iraty. Près d'être atteint, le berger se réfugie enfin dans la chapelle de Saint-Sauveur et se met à sonner la cloche de l'édifice pour chasser dans cette petite chapelle Saint-Sauveur-d'Iraty, ouverte une fois l'an pour le pèlerinage du saint.
Si Basa Jaun ne craint pas les
hommes, en revanche le Seigneur Sauvage tient en horreur les gens
d'église. Un curé d'Arnéguy, que la légende dénomme Mus, en fit
l'expérience en passant non loin de la caverne du Basa Jaun, un ostensoir
à la main afin de conjurer les lieux. Il entendit une voie terrifiante le
menacer : "Si tu t'approches, je te tue !". Le curé dut partir.
D'ailleurs, on prétend à Arnéguy qu'il a fallu construire des oratoires et
des ermitages pour se protéger du Seigneur Sauvage, et que les litanies
des processions des Rogations servent à éloigner sa mauvaise influence. A
Larraun de Zuberoa (Guipuzcoa), il faut même chanter le Salve Regina
chaque samedi pour que le Basa Jaun ne vienne pas gâter les récoltes... |
"Panthéon Pyrénéen" de Olivier de Marliave et de Jean-Claude Pertuzé des Editions Loubatières