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On
aborde, d'un pas alerte, la piste débouchant sur le côté gauche de la
route. Le pré de fauche, à l'abandon, ne tarde pas à laisser place au
noisetier, au grand frêne et au tilleul majestueux. Les granges
désertées ont cessé de résister aux assauts des vagues de ronces et de
fougères. Sur la gauche, le torrent s'ébroue dans une nature fraîche et
verdoyante.
La progression se poursuit, sans rencontrer de difficultés. Le schiste
montre ses dalles, noires et lisses. Ici et là, apparaissent quelques
granites roulés. Une belle vasque verte et claire miroite dans un écrin
de roches sombres, illuminée par un rayon de soleil. Appel irrésistible
à la baignade, tant l'eau est claire et pure... Un petit effort encore
et la piste cède la place à un sentier qui saute le ruisseau et nous
fait passer sur la rive gauche. Nous marchons depuis une heure environ.
Le sentier, remarquablement tracé, serpente entre les hêtres tortueux et
quelques sapins pectinés. Un sorbier rougeoyant éclaire la verdure
ambiante. La pente se redresse encore un peu, mais on approche. Déjà la
présence de la chute d'eau se fait sentir ; on l'entend et on la perçoit
avant de la voir. Elle apparaît enfin, longue traînée blanche sciant la
roche noire avant d'éclater en une multitude de cascatelles brillantes.
Un décor puissant et romantique auquel on a bien du mal à s'arracher
quand vient l'heure de redescendre vers la vallée, en suivant le même
itinéraire qu'à l'aller.
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