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Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Danses et mascarades2

La danse venue des Cyclades
"Contrapas et camada rodona"
Mascarades guerrières

 


"Contrapas et camada rodona"

"Dans la foule je distinguai les paysans de la plaine ou de la montagne, la veste et le pantalon de velours ou nankin, la ceinture rouge autour du corps, le mouchoir de soie noué autour du cou, le long bonnet écarlate retombant sur l'épaule ou sur le dos, et aux pieds les espadrilles ou sandales de cordes qui  s'attachent à l'antique autour de la jambe par des cordons de laine rouge ou bleue."

"Le costume des femmes se remarque par la capuche, en laine ou en bassin, qui tombe jusqu'à la taille et les enveloppe comme un voile de madone. Les danseuses sont coiffées d'un petit bonnet garni à la catalane d'une dentelle cousue à plat et descendant sur le front ou d'un tulle ruché selon la mode d'alors."

"L'engagement des musiciens, (les juglars), comprend les rafraîchissements à discrétion. Ils s'emparent tour à tour de la cruche à long goulot qu'on a soin de tenir toujours pleine et l'élevant de toute la longueur du bras, ils en font tomber le contenu dans leur bouche ouverte, avec un petit bruit de cascatelle tout à fait réjouissant." Madame Tastu ajoute que quand les juglars viennent de la Cerdagne ou de l'Ampurdan, "auprès de ces danses, les bals champêtres des environs de Paris auraient l'air d'une danse de morts".

"Le ball commence par une sorte de promenade autour de l'enceinte, chaque cavalier tenant la cavalière sous le bras ; puis il la quitte et part à reculons devant elle ; elle recule à son tour et le danseur lui court après. Puis les couples exécutent des chassés-croisés. Enfin, ils se réunissent en cercle : les danseuses appuient leurs mains sur les épaules des danseurs et ceux-ci les soulèvent sous les bras, les élèvent en l'air toutes à la fois. Quelquefois dans cette position les jeunes filles s'embrassent... Quelques cavaliers font faire à leur danseuse un saut particulier qui demande plus d'adresse que de force. La jeune fille mettant la main gauche dans la main droite du danseur et la droite sur son épaule gauche, prend son élan et se trouve assise sur la main gauche du cavalier... D'autres, prenant la main de leur danseuse, bondissent en tournant sur eux-mêmes par-dessus cette main ; c'est ce qu'ils nomment la camada rodona ; les plus lestes prétendent même passer leur jambe par-dessus la tête de la danseuse."

Par contraste avec tout ce mouvement masculin, les femmes quittent à peine la terre ; elles glissent pour ainsi dire... Aussi un vieux proverbe catalan dit qu'une bonne danseuse doit pouvoir porter sur sa tête un verre plein d'eau sans en répandre une goutte. C'est la danse décrite par Dante dans le Purgattoire...

La danse du contrapas offre un caractère tout particulier que Mme Tastu a bien noté. "Les hommes seuls y prennent part. Ils se tiennent tous par la main en demi-cercle et figurent de droite à gauche puis de gauche à droite sur un rythme bizarrement syncopé. Cette danse remonte, dit-on, à la plus haute antiquité ; on l'a dit d'origine grecque."

On ne peut pas mieux évoquer les danseurs de la fontaine des Nou Raights, à Céret, qui s'adonneraient alors au contrapas et non à la sardane. Et quand on a vu les danseurs masqués de la fêtes des vendanges dans le film Electre, on n'hésite plus à croire que certaines coutumes antiques du Péloponnèse ont pu pénétrer avec les navigateurs grecs dans ces vallées pyrénéennes ouvertes sur la Méditerranée.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

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