Livre d'or

Mises à jour

 Offices de tourisme

Plan du site

Randonnées

Sondages

Accueil

Cahier pratique

Cartes virtuelles

Flore

Gastronomie

Humour

Légendes

Traditions

Annuaire de sites

Conseils

Étapes du GR® 10

Fonds écran

GR® 10

Identités

Lettres d'informations

Villages et villes

Bibliographie

Cartes anciennes

Faune

Forum

Gîtes et refuges

Lacs

Lexique

Webmaster

 

Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Mystères et processions2

Un souffle virginien
Donner son sang pour celui qu'on aime...
Le vêtement d'infamie
Le goût du sang
Un peuple qui se souvient

 

Donner son sang pour celui qu'on aime...

Il n'est pas besoin d'aller jusqu'à Séville pour voir un peuple s'adonner aux transports qu'inspire une religiosité viscérale. La procession de la Sanch qui se déroule à Perpignan, dans la journée du Jeudi saint, au chant du Miserere scandé par la cloche des condamnés à mort, est un spectacle qui ne s'oublie pas.

En plein XXe siècle, c'est la résurrection des manifestations de piété exaltées caractéristiques du déclin du Moyen Age. Certaines des images qu'elles nous présentent sont d'un réalisme insoutenable, comme le Dévôt Christ de la cathédrale de Perpignan. Mais dans ces tableaux de la douleur du Christ et de sa Mère, ces visions de sang abondamment versé, transparaît l'instinct  du sacrifice qui prédominait dans les religions orientales implantées à cette extrémité des Pyrénées.

La signification profonde de la procession de la Sanch n'y fait pas exception, telle que l'a exprimée l'un de ses participants les plus convaincus : "Elle doit être pour l'homme aux heures de vertige et de faiblesse, le rappel vivant de l'unique sagesse : l'homme ne devient homme qu'en aimant. Mais un homme n'aime vraiment que dans la mesure où il répand son propre sang."

 

C'est au XVe siècle qu'il faut en chercher les origines, quand le schisme d'Occident infestait l'âme des peuples de sa pourriture morale, de ses doutes et de ses angoisses. A Perpignan, le roi Ferdinand d'Aragon avait offert son palais des rois de Majorque aux négociateurs qui cherchaient à mettre fin à ce conflit. Alors, arriva dans la ville un homme dont la réputation entraînait des foules entières, un dominicain de Valence, Vincent Ferrier. Entre les colloques et les réunions, il prêchait au peuple dans sa langue natale. Un jour, dans le couvent des clarisses, saisi par une inspiration, il évoqua la Passion du Christ d'une façon qui bouleversa son auditoire jusqu'aux larmes. Une immense procession se forma, conduite par les disciples du saint, en longs vêtements sombre de pénitence et d'humilité. Des bannières figuraient les scènes de la Passion, les instruments du supplice, les cinq plaies. Elles furent à l'origine de ces croix des Improperis, ou croix des outrages, qui figurent dans toutes les églises du Roussillon.

 

Le 11 octobre 1416, dans l'église Saint-Jacques, Vincent Ferrier fondait la Confrérie du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, (la Confraria de la Sanch que ha derramada Jesus-Notre Redemptor, ainsi que le chantent les coblas de la procession).

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

                       1 - 2 - 3 - 4 - 5