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InSitu, n°3, printemps 2003 -
Territoires d’inventaire Hommage à Gilles Chomer “ L’Enfant Jésus
retrouvé au Temple ”, un nouveau Stella dans les Pyrénées.
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La redécouverte de cette toile séduisante ,
mise en dépôt dans le trésor de l’église de Saint-Béat par la municipalité
de Fos, ajoute une nouvelle version à un groupe de peintures dérivant
toutes du chef-d'œuvre de Jacques Stella (1596-1657), peint vers 1642 pour
le noviciat des jésuites du Faubourg Saint-Germain à Paris.
La présence de cette œuvre dans
l’église de Fos, petit village de fond de vallée pyrénéenne, est d’autant
plus remarquable du fait de la relative rareté, dans les édifices
pyrénéens de ce département, de peintures sur toile .
Cette rareté ainsi que sa très grande qualité lui ont valu le classement
dès le début du XXe
siècle (sous le nom de Le Sueur). La commune, consciente de sa valeur,
mais ne disposant pas pour l’instant d’un local pouvant garantir sa
sécurité, a consenti à la mettre en dépôt au trésor de l’église de
Saint-Béat.
La personnalité de Stella est
désormais bien connue, depuis les travaux de Gilles Chomer notamment
: sa place dans
l’atticisme parisien et son rôle artistique à Lyon en font l’un des
protagonistes majeurs
du classicisme français.
À propos de la composition qui
nous occupe ici, récemment étudiée sous l’angle de l’iconographie, tout a
été dit sur les quatre exemplaires connus jusqu’alors, conservés à
Notre-Dame des Andelys (Eure), à la basilique Saint-Liduina de Schiedam
(Pays-Bas), à Lyon, au musée des Beaux-Arts ainsi qu’à l’église Saint-Ayoul
de Provins (Seine-et-Marne). |
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À ces tableaux s’ajoutent plusieurs dessins.
C’est dire assez
le succès de l’œuvre et sa place importante dans le corpus de l’artiste.
Les différents tableaux présentent tous des variantes, notamment dans
l’architecture de l’arrière-plan, comme si l’artiste s’était plu à
décliner son invention non seulement en modifiant les supports, les
dimensions et les techniques employées, mais aussi en retravaillant
subtilement l’ambiance de la scène par le traitement de l’espace du
Temple. Cependant, la permanence du style de Stella de l’une à l’autre
version s’établit aisément dans l’éclairage cristallin et dans une
monumentalité de conception qui, comme chez Le Sueur, n’exclut pas la
délicatesse.
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Bien qu’elle soit inversée et
simplifiée par rapport au prototype des Andelys, la composition de
Saint-Béat est certainement une réplique de la main même de Stella
: le fond d’architecture, avec
sa belle abside à caissons, et le groupe des anges, si typiques du
peintre, ne se retrouvent dans aucune des autres “rédactions” du thème.
Malheureusement, à ce stade des recherches, aucune provenance ancienne n’a
pu être établie avec certitude pour cette œuvre datable des années
1645-1650. Elle aurait appartenu à la famille de Lassus, originaire de la
commune proche de Montrejeau, dont l’un des membres était chambellan à la
cour de Louis XIV. Une suite de mariages et de successions, qui ne sont
pas à ce jour bien connus, aurait amené au don de la toile à l’église de
Fos, au XIXe siècle.
Il est heureux que de modestes églises, d’humbles chapelles et de petits
trésors ou musées d’art sacré, si indispensables à la conservation de la
mémoire des lieux, puissent réserver de telles - bonnes - surprises pour
les historiens de l’art “ savant ”. Cette découverte prouve en tout cas,
si cela était nécessaire, que le patrimoine français reste encore
largement à explorer. |
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