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Construite à la fin du XVIIIe
sur les ruines de l'ancien édifice religieux ravagé par les Miquelets,
décoré en 1842 et 1890 par Henri et Jean-Henri Astre, illustre
prédécesseurs du couple Lalanne, l'église n'a au demeurant aucun intérêt
architectural relevant du monument historique. Ce qui explique aussi la
liberté que le curé ainsi que le maire de la commune, propriétaire du
lieu, peuvent laisser aux deux intervenants qui ne vont pas se contenter
de rafraîchir ou de restaurer les peintures dégradées mais d'enrichir la
décoration intérieur de l'église par d'importantes créations. Ainsi, Agnès
Lalanne crée une mosaïque à l'ancienne au motif floral devant le
maître-autel et un vitrail baroque très lumineux représentant Sainte
Germaine dans un jardin fleuri.
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Quant à Jean-Bernard Lalanne,
il a donné libre cours à son inspiration pour la décoration de la nef, des
trois chapelles et celle consacrée au martyre de Saint Sébastien, entouré
d'anges et d'une nature exubérante dans un style qui rappelle Raphaël. La
composition est peinte "à fresco" comme celle qui fait face représentant
en trompe-l'œil, un décor de draperie dorée ouvert par une fenêtre à trois
arcades sur le paysage d'une Jérusalem délivrée.
Le fond de mur de la tribune
réservée aux hommes est sur trois panneaux tout entier consacré à
illustrer la légende de Saint-Lizier : elle raconte, selon la version du
peintre, que le prélat visitant le pays s'était endormi au passage du col
du Martérat laissant à l'ours l'occasion son âne qui, ensanglanté, agonise
à ses genoux. Saint-Lizier lance un maléfice à l'ours : il perdra sa
liberté et devra accomplir les travaux imposés par les "oussailhes" du
Couserans pour gagner leur vie.. Ils sont représentés dans le panneau de
gauche tandis qu'à droite, bergère filant et bergers gardés par de
paisibles brebis tarasconnaises évoquent par contraste, la douceur
pastorale du pays d'Ustou.
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