|
Ici
l'histoire fait large place à la légende… Vers l'an 300, une jeune
Lusitanienne du nom de Gratie, jeune vierge
portugaise, se rendait avec sa famille en Gaule pour y épouser un noble
chrétien. Arrêtée par les soldats romains, les voyageurs furent massacrés
et Grâce martyrisée. On parle de foie et seins arrachés, de cœur mis à
nu, de clous dans le front… Le culte de Sainte-Engrâce s'enracina à
Saragosse, et la légende dit encore qu'au Xe siècle des voleurs s'étant
emparés d'un bras de la sainte chargé de bijoux, ils le cachèrent dans un
chêne creux, près d'une fontaine, au plus profond de cette verte région de
la Soule. Chaque jour, un taureau s'agenouillait devant le tronc et ses
cornes flamboyaient. Religieux puis fidèles accoururent, et dès le XIe
siècle une église s'éleva à l'emplacement du chêne. Ce sanctuaire devint
lieu de pèlerinage réputé, accueillant les princes d'Aragon, de Navarre,
du Béarn. Sainte-Engrâce est alors évoquée contre les intempéries, la
sécheresse… et les maux de tête !

Du XIVe au XVIe siècles, la collégiale subit les dommages de l'occupation
anglaise, espagnole et des guerres de religion. Dans la tourmente, le bras
de la sainte disparut et fut remplacé au XVIIe siècle par un doigt
"importé" d'Espagne. Même la Révolution et la vente de l'église comme bien
national ne mirent pas fin aux pèlerinages et en 1841 Sainte-Engrâce fut
classée Monument Historique.
Depuis 1983, de lourds travaux de restauration sont en cours, coûtant,
selon le prêtre de la paroisse, "les yeux de la tête et toute la patience
des anges du ciel"…
|