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Sur la façade de l'église, le
tympan du portail d'entrée représente l'allégorie triomphale de la
Trinité. Au centre, une circonférence portant une inscription, encadre les
six branches égale au monogramme X + P qui forme le chrisme, ce symbole si
voisin de la roue solaire, qui a connu une vogue extraordinaire dans les
Pyrénées.
Les initiés de la "ghematria"
et de l' "isopsephie", sciences perdues des lois de correspondance
entre les chiffres et l'écriture, ont vu dans le chrisme, chiffre spécial
du Sauveur, commencement et fin de toutes choses, une allusion calculée au
mystère de la Trinité. Celui de Sainte-Engrâce, comme celui de Jaca en
Espagne, se prête bien à cette interprétation.
D'après les lois de ces
sciences, dans le chrisme : la lettre X, c'est-à-dire le Christ, se
traduit par le nombre 600 , la lettre S, l'Esprit-Saint, par 200. X + S
donne 800, et 800 représente ω,
la dernière lettre de l'alphabet, c'est-à-dire l'aboutissement de tout. Si
le Fils de l'Esprit réunis sont la fin de toute chose, ils en sont aussi
le commencement, car la première lettre de l'alphabet, A, équivaut à
l'unité, et A + W donne 801. Or 801 est le total des nombres qui, traduit
en lettres, donnent epictepa, la colombe, symbole de
l'Esprit-Saint. En effet : E = 5, P = 100, I = 10, C = 200, T = 300, E =
5, P = 100, A = 1.
La subtilité du calcul des
adeptes de la ghermatria vient s'ajouter au symbole des lettres
entrelacées, pour attester que le Christ et l'Esprit-Saint ne font qu'un.
Il ne reste plus qu'à mesurer les composants du tympan, pour y retrouver
la section d'or O. Or, pour le Moyen-Age, elle est la règle des
proportions divines, car elle a une seule propriété en trois termes, de
même que la Trinité est une substance en trois personnes... |