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Ici, à Sainte-Engrâce, l'histoire fait large place à la légende… Vers l'an 300, une jeune Lusitanienne du nom de Gratie, jeune vierge portugaise, se rendait avec sa famille en Gaule pour y épouser un noble chrétien. Arrêtée par les soldats romains, les voyageurs furent massacrés et Grâce martyrisée. On parle de foie et seins arrachés, de cœur mis à nu, de clous dans le front… Le culte de Sainte-Engrâce s'enracina à Saragosse, et la légende dit encore qu'au Xe siècle des voleurs s'étant emparés d'un bras de la sainte chargé de bijoux, ils le cachèrent dans un chêne creux, près d'une fontaine, au plus profond de cette verte région de la Soule. Chaque jour, un taureau s'agenouillait devant le tronc et ses cornes flamboyaient. Religieux puis fidèles accoururent, et dès le XIe siècle une église s'éleva à l'emplacement du chêne. Ce sanctuaire devint lieu de pèlerinage réputé, accueillant les princes d'Aragon, de Navarre, du Béarn. Sainte-Engrâce est alors évoquée contre les intempéries, la sécheresse… et les maux de tête !
Du XIVe au XVIe siècles, la collégiale subit les dommages de l'occupation
anglaise, espagnole et des guerres de religion. Dans la tourmente, le bras
de la sainte disparut et fut remplacé au XVIIe siècle par un doigt
importé d'Espagne. Même la Révolution et la vente de l'église comme bien
national ne mirent pas fin aux pèlerinages et en 1841 Sainte-Engrâce fut
classée Monument Historique.
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