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Une question d'importance à laquelle il n'y a pas de réponse : de quand date cette église Saint-Martin ? La seule réponse valable est qu'elle a été refaite au VXIIe siècle, comme presque toutes les églises du Pays Basque. Il a fallu attendre la Paix des Pyrénées pour penser mettre fin aux invasions constantes, ce qui en fait n'était qu'un leurre puisque Sare a subi les guerres de la Révolution et de l'Empire puis est devenue une caserne lors des guerres carlistes.
Son clocher carré à cinq étage
porte un cadran solaire avec une devise en basque : "Toutes les heures
blessent, la dernière envoie au tombeau." L'église
Saint-Martin, une des plus belles églises du Labourd fut agrandie au
début du XVIIème siècle sous la cure de Pierre Axular (1601 - 1644), célèbre
écrivain auteur de "Gero" (Après), chef-d'œuvre littéraire grâce auquel
il a "élevé la vieille langue basque au niveau des autres". Sa sépulture
se trouve à l'intérieur de l'église, ainsi qu'une plaque apposée par le
Prince Louis Lucien Bonaparte.
Le clocher fut surélevé en 1765. Le cadran
solaire porte l'inscription : Oren guziek dute gizona kolpatzen azkenekoak
du hobirat egortzen (toutes les heures blessent l'homme, la dernière
l'envoie au tombeau).
 Jusqu'en 1804, les corps étaient inhumés dans
l'église où l'on trouve des dalles avec l'inscription " Jarlekua "
(emplacement du siège) précédée du nom de la maison. Le chœur abrite cinq
autels à retables, trois étages de galeries.
Placé sous
l'autorité de l'Angleterre pendant trois siècles et ensuite sous celle de
la Couronne, mais jouissant de la faculté de traiter librement avec les
vallées et les communes voisines.
Même les seigneurs des lieux se sont vus obligés de composer avec leurs
représentants et c'est inutilement que la maison noble de Lahet protesta,
en 1686, contre les élections et les préséances des abbés et des jurats
(lettres patentes de Louis XIV en 1693). Déterminés contre les
envahisseurs espagnols (action d'éclat de Cristobal Ithurbide en 1693),
très attachés à leur curé de la naissance à la mort (l'église reste
déserte pendant la Révolution), persécutés et déportés (1794), alors que
250 jeunes Saratars combattaient l'ennemi, ces hommes d'honneur ne
reviendront au culte qu'après le Concordat. Il faudra ensuite plusieurs
décennies pour restaurer l'église dévastée et pillée pendant la
Révolution : et on votera l'établissement de taxes et d'octrois pour la
remettre en état. En 1877 (seulement) la voûte sera terminée et en 1904 un
petit orgue remplacera l'harmonium. Au moment des inventaires de 1906
(séparation de l'Église et de l'État), le percepteur reculera devant les
habitants barricadés dans l'église : « Le tocsin sonna éperdument, pendant
tout l'après-midi. » Pourtant, ces hommes fiers, passionnés pour le rebot,
le petit gant et le tir à la corde, soucieux de conserver leur langue et
« leur âme », déclarent aujourd'hui que l'Eskual Herri est une terre de
liberté. Bienvenue à tous ! Denegi ongi ethorri !
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