A une quinzaine de kilomètres de Massat sur les
montagnes que domine le Pic du Mont Béas, sommeille un plan d’eau de
quelques deux hectares de superficie : c’est l’Etang de Lers qui donne
naissance à l’Arac affluent du Salat qui lui au bout de sa course
rejoindra la Garonne. Depuis une époque lointaine et peut être dès les
temps préhistoriques, de vastes pâturages s’étendaient dans ses parages
et la tradition nous laisse croire qu’un village s’élevait autrefois à
l’emplacement du lac actuel.
Cependant la malédiction
s’abattit sur le village quelques temps après le passage d’un mendiant à
qui la population villageoise, ce soir là en fête de fin d’estive, avait
refusé l’hospitalité pour la nuit.
L’homme rejeté par les
villageois passa donc son chemin et rencontra guerre plus loin sur le
chemin du Col d’Eret (ou col Dret) un pauvre berger et sa fille qui lui
ouvrit sa chaumière et l’accueillit chaleureusement.
L’homme vêtu de haillons
leur annonça une nuit terrible : « Les gens du village m’ont repoussé et
la colère céleste va se manifester, tout va être englouti, seuls ta
fille et toi serez épargné, mais je vous recommande surtout de ne pas
vous retourner même une seule fois car vous seriez aussitôt changés en
pierre. »
Comme l’homme l’avait
annoncé, tonnerre et trombes d’eau se succédèrent. L’énorme avalanche de
terre et de pierres se détacha du flanc des montagnes et vint engloutir
maisons et habitants. Elle combla en même temps l’écoulement normal des
eaux et celles ci en s’accumulant dans la dépression ainsi constitué
formèrent l’étang de Lers.
Mais au moment du
cataclysme, la jeune Pascaline ne put résister à sa curiosité, se
retourna et fut aussitôt changée en pierre. Non loin des rives du lac
sur le chemin qui conduit au Col d’Eret, on peut voir la jeune Pascaline
figée pour toujours dans la pierre.
www.ariege.com