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Le dit
Monastère de Gabas fut édifié pour y mettre des frères 'donats et donades"
et des religieux du dit Monastère de Ste Christine pour servir, prier
Dieu, dire les offices et c'est pourquoi on a construit une église et des
cloîtres.
Cette "église", placée sous le vocable de la Sainte-Trinité, fut fondée en
1121 selon les vœux de Gaston IV le Croisé, vicomte de Béarn et consacrée
par Arnauld d'Araux, évêque d'Oloron, la même année. C'est ce qui reste
d'un complexe appelé, jusqu'au début de ce siècle "Hôpital de la
Miséricorde de Gabas". Hôpital dans le sens primitif de centre d'accueil,
de refuge, d'hospitalité, offerts aux pèlerins en marche vers Compostelle.
Il était régis par les chanoines réguliers de St Augustin venus de
Candanchu, non loin du Somport, au confluent des chemins de St Jacques
traversant les vallées d'Aspe et d'Ossau. Les dits chanoines réguliers
formaient alors un "ordre hospitalier" qui remplit encore cette vocation
depuis le IXe siècle, aux cols du St Bernard et du Simplon, dans les
Alpes.
La communauté ou "commanderie" placée sous l'autorité d'un "Commandeur"
comprenait des "frères et des sœurs" appelés "Donats et Donades", c'est à
dire donnés au service des voyageurs, au soin des fermes et propriétés de
l'hôpital et selon la charte d'acquisition, à l'entretien des "ponts
appelés Camps, Magnebag et Arriucaou". Le col des Moines qui tire son nom
des "moines" de Gabas, était le lieu de passage, via le Somport, où se
trouvait la Maison-Mère, le monastère de Ste Christine.
Les chanoines réguliers administrèrent ces lieux jusqu'en 1597, époque des
guerres de religion où leurs biens furent confisqués. En 1609, époque de
la restauration du culte catholique en Béarn, l'hôpital fut confié à un
ordre missionnaire, les Clercs Réguliers de St Paul, appelés aussi
Barnabites, à cause de leur maison principale placée à Rome sous la
protection de St Barnabé, apôtre. Ils durent le gérer au milieu de
multiples difficultés et tracasseries, jusqu'à la Révolution. Qualifiée de
"Grange" sur le plan cadastral de 1813, l'église fut rouverte en 1815 par
Monsieur l'abbé Lanne, curé de Laruns. |