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Glaciologue,
géologue, cartographe, spéléologue... rien de ce qui touche les
Pyrénées n'est resté étranger à la curiosité de l'abbé Gaurier, chargé par
le ministère de l'Agriculture d'étudier les glaciers et les lacs pyrénéens.
Et pourtant rien ne prédisposait ce fils de capitaine au long cours, né dans
une famille de longue tradition océane, à devenir l'un des plus importants
pyrénéistes du début du siècle, à défaut d'être l'un des plus connus. Son nom reste associé à une grotte qu'il a découvert et qu'il aménagea près
de la fausse brèche à Gavarnie et à qui il a donné le nom de "Villa
Gaurier ".
Reprenant
le travail commencé dès 1873 par Emile Belloc et Eugène Trutat, lesquels
plantaient des bâtons peints sur le glacier de Maladeta pour en mesurer
l'avancement, Gaurier incarne le renouveau de la glaciologie et de la
limnologie dans les Pyrénées. Il reprendra à Belloc son astucieux
sondeur, câble métallique et cadran gradué, qui lui permettent, jusqu'à la
fin de sa vie, de mesurer et cartographier 253 lacs dans les Pyrénées et
d'en inventorier 520 !..
Du côté espagnol à Gavarnie, en
contrebas, l'abri Gaurier est une curiosité à laquelle le grand glaciologue
qui lui a donné son nom a dû la vie. Avec ses deux compagnons, il fut pris
dans une tempête de neige sur le versant Sud du Cirque. Il découvrit alors
cette anfractuosité où ils avaient juste la place de se glisser ; ils y
restèrent trois jours et allaient mourir de froid et de faim quand le
mauvais temps cessa. L'abbé Gaurier a choisi, pour y dormir son dernier
sommeil, face à la muraille unique, le cimetière du village, le plus
émouvant des Pyrénées
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