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Ludovic Gaurier

(1875-1931)

 

Glaciologue, géologue, cartographe, spéléologue... rien de ce qui touche les Pyrénées n'est resté étranger à la curiosité de l'abbé Gaurier, chargé par le ministère de l'Agriculture d'étudier les glaciers et les lacs pyrénéens. Et pourtant rien ne prédisposait ce fils de capitaine au long cours, né dans une famille de longue tradition océane, à devenir l'un des plus importants pyrénéistes du début du siècle, à défaut d'être l'un des plus connus. Son nom reste associé à une grotte qu'il a découvert et qu'il aménagea près de la fausse brèche à Gavarnie et à qui il a donné le nom de "Villa Gaurier ".

Reprenant le travail commencé dès 1873 par Emile Belloc et Eugène Trutat, lesquels plantaient des bâtons peints sur le glacier de Maladeta pour en mesurer l'avancement, Gaurier incarne le renouveau  de la glaciologie et de la limnologie dans les Pyrénées. Il reprendra à Belloc son astucieux  sondeur, câble métallique et cadran gradué, qui lui permettent, jusqu'à la fin de sa vie, de mesurer et cartographier 253 lacs dans les Pyrénées et d'en inventorier 520 !..

Du côté espagnol à Gavarnie, en contrebas, l'abri Gaurier est une curiosité à laquelle le grand glaciologue qui lui a donné son nom a dû la vie. Avec ses deux compagnons, il fut pris dans une tempête de neige sur le versant Sud du Cirque. Il découvrit alors cette anfractuosité où ils avaient juste la place de se glisser ; ils y restèrent trois jours et allaient mourir de froid et de faim quand le mauvais temps cessa. L'abbé Gaurier a choisi, pour y dormir son dernier sommeil, face à la muraille unique, le cimetière du village, le plus émouvant des Pyrénées

 

Skieur avant l'heure, l'abbé Laurier se repose dans un abri sur le versant sud de la brèche de Roland la veille de la première du mont Perdu à skis, le 13 juin 1906.