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Une population active habite les montagnes : riches en bestiaux, sa matière de vivre rappelle celle des anciens peuples pasteurs. Les bergers ont leurs habitations d'hiver et celles d'été, les unes dans les vallées basses, les autres, dans les vallées supérieures. C'est dans celles-ci que, dirigeant les eaux avec intelligence, ils cultivent les prairies qui doivent, pendant l'arrière-saison, fournir à la nourriture de leurs troupeaux. Le même filet d'eau abreuve les possessions contiguës, placées les unes au-dessous des autres. Une ardoise posée de champ est la seule écluse qui coupe son cours où l'on veut, et le renvoie dans les canaux voisins, où les mêmes moyens le dirigent de prairie en prairie, jusqu'au plus bas de la pente qu'il doit fertiliser. Pendant que toute la famille s'occupe de la culture, un seul homme conduit les troupeaux dans les montagnes les plus élevées, où des pâturages naturels les attendent. L'automne ramène le bétail dans la maison d'été, que la famille a quittée pour descendre au village ; le berger passe l'hiver dans cette solitude avec ses troupeaux qui consomment la provision qu'il leur a préparée : il y brave les rigueurs de la saison, les neiges, les autans et les avalanches. Il n'a pour nourriture que le lait de ses vaches chétives, car les bestiaux de ces montagnes sont loin d'avoir la vigueur ce ceux des Alpes.

(1875)

 


Gourette jusqu'à Arrens-Marsous


Arrens-Marsous  jusqu'au lac d'Estaing