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Le rituel
religieux des fêtes du printemps des anciens agriculteurs néolithiques revit
ainsi dans les mascarades qui serpentent au travers de la Soule à l'époque du
carnaval ; le héros de la cérémonie en est de même temps la victime, comme
dans les fêtes barbares des civilisations agraires que retrace le terrible et
magnifique film de Pasolini, Médée.
L'homme-cheval
incarne ici l'esprit de fertilité qui doit féconder la terre de son sang et
aider la nature à renaître. Il faut pour cela qu'il meure ; le dieu, pour ne pas
vieillir, doit être consommé par ses fidèles, et les danses sacrificielles
apporteront la fécondité aux troupeaux et aux champs.
Autrefois, à
côté du zamalzaïn, la "mascarade" comprenait un ours qui mimait, avec un
berger et deux agneaux, une course-poursuite symbolique très animée. Or il est
intéressant de remarquer que dans les fêtes de carnaval des Pyrénées Orientales,
l'ours joue exactement le rôle dévolu au cheval dans les mascarades de la Soule
; les gestes qu'il peut se permettre avec les femmes sont la conséquence de ses
attributions de fécondateur.
"Guide des Pyrénées
mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou
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