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La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Danses et mascarades1

La danse venue des Cyclades
"Contrapas et camada rodona"
Mascarades guerrières

 


La danse venue des Cyclades

Aux danses de la vallée d'Ossau où le nombre sacré 9 a gardé toute son importance rituelle, répond dans les Pyrénées Orientales une danse aussi populaire, aujourd'hui inséparable de la vie du peuple catalan, la sardane.

 

Il y a au cœur du vieux Céret une fontaine monumentale connue sous le nom de Font deu Nou Raigts, la "fontaine des neuf jets". Son décor tourne autour du thème du chiffre mystérieux. Au sommet d'une colonne à pans que surmonte un lion, neuf jets d'eaux s'échappent des gueules de neuf dragons accroupis dont les queues s'entrelacent. Au-dessous, un chapiteau représente un groupe  de danseurs (des hommes alternant avec des femmes) qui se tiennent par la main et, tournés dans le même sens, esquissent un pas de danse, le pied droit levé, les genoux ployés sous une longue robe. C'est un étrange rappel des frises  que les poteries grecques des Cyclades et les vases ibériques de Numance reproduisaient un millénaire avant Jésus-Christ.


Si l'on compare les personnages de la fontaine des nou raigts aux danseurs figurants aux flancs des vases provenant des fouilles d'Etrurie ou de Sardaigne, on accepte l'idée que les marins sardes ou crétois aient été les initiateurs de la sardane. Pourtant, ni en Sardaigne, ni en Grèce, les spécialistes n'ont retrouvé de pas de danse semblables à ceux de la sardane.

Jusqu'en 1870, la sardane comprenait une succession de huit mesures de pas courts (curts) et seize mesures de pas longs (llargo). Elle paraissait calquée sur la division du temps au cours d'un jour d'été, fait de huit heures de nuit pour seize heures de lumière. C'est à cette époque qu'un musicien de Figueras, Pep Ventura, libéra la sardane de ce canon rigide, et composa définitivement la cobla, l'orchestre d'accompagnement : le flaviol et son tambour, deux tiples, deux tenores, deux trompeta, deux fiscorn, un trombon, une contrebasse.

Pour un Catalan, il ne peut exister de formation musicale plus riche et plus complète. Elle peut extérioriser tous les sentiments : les fiscorns et le trombon apportent la douceur des flonflons, la trompeta son éclat, le tiple son tragique ou sa trivialité. Mais la tenora est le roi de la mélodie ; son volume sonore, qui va du pianissimo au fortissimo, inspire le respect par la majesté du timbre. " Tour à tour, brillant, enjoué, fier et altier, majestueux, poignant, douloureux ou passionné selon le caractère de chacun de ses registres, c'est l'instrument le plus impressionnant qui soit. Il remue jusqu'au fond des entrailles l'enfant du Roussillon, lorsque le fiscorn l'accompagne de son contre-chant noble de grand seigneur."

Dans sa Lettre d'une vieille femme à une jeune fille, Mme Amable Tastu, d'une plume sans prétention mais sans fadeur a fait la description d'un ball dans un faubourg de Perpignan en 1842.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

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