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La légende de Biarritz

 

 

A cette époque lointaine, la côte qui devait devenir celle des Basques et de Biarritz était une étendue triste et dépeuplée. Biarritz est un village pauvre qui vit à peine du produit de la pêche ; des dunes couvertes d'herbes sèches et calcinées, longeant un océan souvent furieux qui battait une côte inaccessible et redoutable.

Aussi sur ces falaises glaiseuses vivaient quelques centaines d'hommes et femmes, de race euscarienne, de religion particulière, s'exprimant dans une langue mystérieuse. Dans ce village, vivait une belle jeune fille, Miarritze, qui eut une nuit un rêve étrange : le dieu Yahvé lui apparut et lui promit d'envoyer sur le territoire abandonné l'âme de Martin, son serviteur. Celui ci apparaîtrait sous forme d'un oiseau au plumage coloré qui porterait dans son bec un poisson aux écailles d'or, symbole de la richesse et du bien être qui naîtraient sur cette côte.

Le discours de la jeune fille réussit à convaincre les habitants qui quelques jours plus tard repérèrent un merveilleux passereau, en fait un Martin-pêcheur. Cet événement, sur les encouragements de Miarritze, poussa les habitants à construire des embarcations pour affronter la mer. Ils se lancèrent dans l'aventure de la pêche, en particulier des baleines qui folâtraient, nombreuses, au large.

Un jour de grande tempête, Miarritze, debout sur la grève, observe les efforts d'une barque de pêcheurs qui tente de gagner la plage, avant de s'échouer. Elle leur vient en aide et les accueille chez elle. Ce sont des marins venus de Gascogne, des Biarrins ou hommes pacifiques mais aguerris, pêcheurs et navigateurs avertis. Elle épousera leur chef. De leur union et de celle des deux noms naîtra la ville.

L'étymologie, elle, ignore la légende et veut que le nom de la ville vienne de Bearrids et Beiarrids, de " beder " ou " voir ", c'est à dire " l'endroit d'où l'on voit ".