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Les scientifiques commencent à s'intéresser aux techniques d'élevages spécifiques aux régions de montagne. C'est ainsi que le chef des travaux de botanique à la faculté des Sciences de Toulouse, Ernest Pée-Laby, a donné récemment une conférence sur les bienfaits de la transhumance. Il explique que bon nombre de propriétaires de moutons envoient leurs animaux "se refaire" sur la montagne car, à leurs yeux, l'herbe des hauts sommets posséderait des vertus que n'auraient pas les meilleurs herbages des plaines. Le botaniste démontre que, loin d'être une croyance, il faut reconnaître que cette technique d'élevage produit de bons résultats qui, selon lui, doivent être autant attribués à la pureté de l'air respiré à cette altitude qu'à la nature du fourrage absorbé. Les bienfaits de la transhumance sont donc d'une part le changement d'air, et ensuite la nourriture plus riche et surtout moins aqueuse. En effet, les plantes des hauts sommets seraient plus chargées en principes aromatiques ou azotés que celle d'en bas. La plus grande partie des brebis rentrent après avoir été fécondées. Et comme le plus clair des bénéfices du berger et du propriétaire se trouve dans la vente des agneaux, on comprend tout de suite l'intérêt d'amener les bêtes sur les estives. Quant aux vertus aphrodisiaques de certaines plantes, le scientifique reste sceptique, le changement de régime d'air étant suffisant, selon lui, pour expliquer un meilleur fonctionnement de tous les organes en général. Il termine son exposé en soulignant que : "Si, de génération en génération, ces coutumes sont conservées, c'est qu'elles ont leur raison d'être. Si, à un moment donné, on vient à les supprimer, il pourrait en résulter un contrecoup fâcheux pour la santé des animaux." Article du journal de l'année 1900 (Ariégeois magazine n°147) |
