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Jusqu'en 1940, une pointe rocheuse de la rive s'avançant sur les eaux portait une stèle commémorant une tragédie survenue le 20 septembre 1832. On pouvait lire y lire : "A la mémoire de William Henri Pattison écuyer, avocat de Lincoln's Inn à Londres, et de Sarah Frances, son épouse." Ce jour-là, le couple anglais (âgé l'un de 31 ans et l'autre de 21 ans), nouvellement marié, se noya accidentellement au cours d'une promenade en barque sur le lac ; une mauvaise
manœuvre fit chavirer le fragile esquif.
Ce mémorial, entouré d'une grille, attirait les visiteurs ; il fallait payer trois sous pour y entrer ! Victor Hugo, en 1843, séjournant dans la région,
devait payer ces trois sous pour entrer dans l'enceinte. Avec humour, il écrira : "J'ai glissé et failli tomber dans l'eau. Cela eût fait une deuxième tombe. La visite aurait été, alors, de six sous..."

"La descente sur le lac
évoque les rêves farouches d'une légende des Highlands. Le Vignemale,
sillonné de glaciers, ferme la gorge ; et, bien qu'il soit encore à une
distance considérable, il paraît surgir des bords même du lac de Gaube
(...). Une cabane de pêcheur, sur une douce ondulation verdoyante, ainsi
qu'une pelouse du royaume des fées, à l'extrémité méridionale, brisent
seules les lignes escarpées qui plongent des sommets et se cachent dans
les eaux... et cependant, malgré les froids glaciers et les montagnes
désolées et la pauvreté de la végétation, c'est un paysage qui est plus
doux que sauvage..."
Mrs Boddington, Sketches in
the Pyrenees, 1837. |