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Louis-François Lejeune, maire
de la ville de Toulouse en 1841, ne quitte plus la région des Pyrénées. La
chaîne pyrénéenne semble pour lui une compensation à une sédentarité qui
lui pèse. Il la parcourt en, effet à cheval, dessinant sur motif selon les
préceptes de son maître Valenciennes et retrouvant dans ces montagnes le
décor héroïque des campagnes de sa jeunesse. C'est en tout cas la vision
qu'il donne des Pyrénées, dans des compositions où la fantaisie fait bon
ménage avec son sens de l'observation. Vue sur la cascade du Lac d'Oô,
présentée à l'Exposition de 1835, est caractéristique de sa manière, qui
se rattache aux paysages recomposées du XVIIIe siècle et contraste avec la
vision plus réaliste qui se développe à cette époque. Si la perspective et
la topographie sont correctes et le site reconnaissable, les pitons
rocheux très stylisés et la végétation luxuriante qui entourent le lac,
les immenses arbres au premier plan confèrent au site un aspect exotique
étonnant ! Quant au thème de la chasse à l'ours, point de poursuite
périlleuse dans les rochers ou de chasseurs embusqués, mais une atmosphère
de fête pour le moins originale : le cadavre de l'ours porté sur un
brancard est bien présent au second plan, mais l'accent est mis sur le
groupe de paysans et leurs animaux dressés au premier plan - ours
enchaînés, aigle et isards cabriolant le long du torrent. A gauche, le
groupe de chevaux effrayés rappelle le regard du peintre de batailles. |