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Le grand Tantugou commingeois veillait, lui, autant sur les troupeaux que
sur les récoltes. Ce génie tutélaire se cachait dans les bois des
vallées du Louron, d'Aure et de Luchon.
Jusqu'au siècle dernier,
Tantugou fut populaire auprès des paysans qui ont laissé des portraits
apparentant aussi ce génie au dieu gaulois Sucellus dont César fit le dieu
national et le père de la race gauloise.
On le décrit comme un
vieillard barbu mais dans la force de l'âge, couvert d'un tunique à
capuchon et chaussé de bottes ou, parfois, simplement vêtu d'une peau de
bête et armé d'un bâton ou d'une massue. Sucellus était un bienfaiteur,
l'incarnation de la Nature généreuse, connaissait les secrets de toutes
les cultures. Tantugou aussi "savait bien des choses" comme l'affirmaient
les conteurs gascons, "il dormait près des champs et quand la récolte
approchait, il veillait pour éloigner les voleurs".
Dans la vallée de Louron,
Tantugou a aussi incarné une sorte de croquemitaine dont on menaçait les
enfants chahuteurs ou voleurs de fruits. Encore un trait de comparaison
avec la mythologie classique qui a fait de Sylvain un gardien des fruits
mûrs avant la récolte...
Les mères utilisaient la
formule : Tantugou va arribar det bouc ! (Tantugou va sortir du bois !)
pour effrayer les enfants. Mais le bon géant pouvait devenir ogre féroce
lorsqu'il descendait des lacs de Nère, par le val d'Aube, pour surprendre
les enfants en train de pêcher. Il se jetait alors sur eux et les emmenait
dans sa grotte pour les croquer.
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