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Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Le carnaval4

Les messages du printemps
Héros et victime
Le Rouge et le Noir
Le souvenir de Dionysos
Le sorcier, maître de cérémonie

 

 

Le souvenir de Dionysos

On voit encore çà et là, surgir dans les fêtes folkloriques du Pays basque, des personnages échappés de ces mascarades sacrées.

 

Le pays de Cize et Saint-Jean-Pied-de-Port voyaient passer le Santibate avec son cortège de porteurs de bâtons et d'épées, de bûcherons transformés en sapeurs du Second Empire, de poupées géantes. Ses "volants", dans un tourbillon de rubans, mimaient la danse du soleil. Un défilé semblable descend encore aujourd'hui du fond de la vallée de Valcarlos, avec ses guerriers en veste rouge et gants blancs, sabre en mains, ses cavaliers rappelant les centaures, son makhilari au bâton tournoyant, et, tranchant sur le tout, deux étranges personnages connus sous le nom de atcho eta tupina (la vieille et le compagnon), l'un vêtu en femme, l'autre couvert de peaux de bêtes. Ils sont couronnés d'herbes et d'épines et manient une espèce de fouet terminé en boule, la zarpilla. Après chaque danse, ils tournent trois fois, de droite à gauche, autour des danseurs, en les frappant vigoureusement de leur zarpilla ; les plus courageux doivent essayer de leur arracher leurs défroques en supportant les coups.

 


Le makhila, aujourd'hui objet de distinction, était dans le passé, depuis le Moyen-Age, à la fois un bâton de marche, un aiguillon de berger et une arme de défense grâce à sa pointe en acier forgé dissimulée dans le pommeau.

 

Il n'y a pas longtemps encore, de Cambo à Ustaritz, un cortège de bohémiens sillonnait la vallée de la Nive aux jours gras, divisés en deux bandes de masques masculins et féminins, les besta gorri (les vestes rouges) et les kotilum gorri (les cotillons rouges), ces derniers étaient appelés aussi les marika, d'un nom évoquant l'énigmatique Mari, antique déesse basque de la nature. Affublés d'un masque végétal surmonté d'une haute coiffure en pain de sucre, ils portaient sur une jupe rouge une ceinture de sonnailles  de brebis et brandissaient une queue de vache au bout d'un manche à balai. On retrouve ici les insignes des officiants de cultes naturistes, comme ceux de l'archiboukolos, le chef des pasteurs des fêtes de Dyonisos, sur un bas-relief d'Ostie.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

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