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La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Au son de la flûte et du tambourin2

Pour charmer les forces magiques
Le tambourin des orgies de Cybèle

 

Plus obscures sont les origines de ce curieux instrument de bois décrit dans son Orchesographie, au XVIe siècle, par le chanoine Thoinot Arbeau, et par de Lancre en 1609 sous le nom de tambourin. C'est celui au son duquel dansaient les Ossalois jusqu'au début du siècle et évoluent encore certains groupes folkloriques basques.

Le tambourin ossalois, comme le ttun-ttun basque de la Soule, est une caisse allongée en bois d'érable, (l'azerou en béarnais) de 80 cm de long, 20 cm de large dans le haut, 11 cm dans le bas. Il est tendu de six cordes, deux d'entres elles étant accordées à la première harmonique de la flûte, les autres à la quinte au-dessous. Le musicien frappe le bas des cordes avec un petit bâton, suivant une mesure invariable, d'un temps fort et d'un temps faible, correspondant aux rythmes fondamentaux des danses ossaloires.

 

On le range dans la même famille que le choron ou la bûche des Flandres. Il s'apparente aussi aux cithares grecques dont le musicien frappait les cordes avec un simple bâton, tout en psalmodiant ses vers sur un rythme à deux ou à trois temps ; la cithare produisait un bourdonnement scandant le poème, et mettant les auditeurs dans un état proche de l'hypnose. Les cordes étaient tendues à l'origine entre les cornes d'un crâne de bœuf, sur une carapace de tortue, puis sur une caisse en bois ; dans l'instrument appelé barbiton, cette caisse constituait la partie importante de l'instrument appelé barbiton, et les cornes ne furent bientôt qu'un ornement symbolique qui disparu progressivement. Mais le tambourin ossalois, comme le ttun-ttun souletin, possède à l'extrémité de sa caisse deux crosses ouvragées qui prolongent les parties libérales de l'instrument  et qui n'ont aucune d'utilité. Ce sont les vestiges symboliques des cornes de la cithare égéenne que les premiers bergers des Pyrénées ont amené avec eux dans ces montagnes.

 

"Survivant à la chute de multiples civilisations, conclut Bréteil, les tambourins portent dans leurs rustiques accents ces rythmes binaires et ternaires qui enchantaient les jeux sacrés, sous le soleil de la Grèce antique."

Mais pour avoir servi trop longtemps aux cultes de Bacchus et de Cybèle, il ne faut pas s'étonner de voir les tambourins basques, en plein XVIIe siècle, rythmer les danses du bouc infernal dans les landes du sabbat, et leurs exécutants auréolés de la lumière sinistre des bûcher des conseillers de Lancre.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

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