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Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Mystères et processions3

Un souffle virginien
Donner son sang pour celui qu'on aime...
Le vêtement d'infamie
Le goût du sang
Un peuple qui se souvient

 

Le vêtement d'infamie

Dès l'origine, la confrérie se fixa  comme but de commémorer la Passion du Christ par une procession solennelle et dramatique dans la tradition de celle de saint Vincent Ferrier, la nuit du Jeudi saint. Mais elle avait en outre une activité  charitable d'une importance aux condamnés à mort

Dans l'église Saint-Jacques, pendant toute la nuit précédant l'exécution, les disciples du saint tenaient compagnie à celui qui devait mourir, lui apportant le réconfort de leur présence, essayant d'adoucir par leur amitié la désolation l'homme que la société venait de rejeter. Le lendemain matin, après s'être confessé et avoir reçu le corps du Christ, le condamné marchait vers le lieu du supplice, enveloppé d'une cape rouge, le visage voilé, entouré de confrères de la Sanch revêtus du même vêtement d'infamie, la caperutche qui devait devenir leur vêtement distinctif. C'est ce qu'avait voulu Vincent Ferrier, retenu des mois en prison dans l'attente de sa propre condamnation et qui avait vécu l'angoisse de l'homme abandonné à la vindicte publique.

La présence des caperutches dans la procession du Vendredi saint en garde une signification profonde : ils sont là pour accompagner le Suprême Innocent, condamné à la croix. Ces marques de respect ont fait comprendre au peuple catalan que le condamné n'était pas un paria, mais l'un d'eux, une victime, "un être sur lequel l'humaine misère avait pesé d'un plus grand poids".

La cohorte des pénitents groupés autour des statues des misteris symbolise le défilé des générations de pêcheurs pour qui le condamné du Golgotha avait payé ; leur visage couvert, ne leur conservant l'anonymat, proclame en même temps que tous les hommes ont participé à cette mise à mort.

Autrefois, sur le trajet à l'échafaud, les caperutches quêtaient parmi les spectateurs, dernier acte de pitié pour le condamné, car l'argent recueilli devait servir à lui donner une sépulture. Le droit au respect dans la mort, voilà ce que les disciples de saint Vincent Ferrier avaient obtenu pour leurs frères les plus abandonnés.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

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