Livre d'or

Mises à jour

 Offices de tourisme

Plan du site

Randonnées

Sondages

Accueil

Cahier pratique

Cartes virtuelles

Flore

Gastronomie

Humour

Légendes

Traditions

Annuaire de sites

Conseils

Étapes du GR® 10

Fonds écran

GR® 10

Identités

Lettres d'informations

Villages et villes

Bibliographie

Cartes anciennes

Faune

Forum

Gîtes et refuges

Lacs

Lexique

Webmaster

 

Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Les femmes pyrénéennes et l'amour1

     Libres de cœur et de corps
     Pour en faire à son plaisir
     Un ancien rite magique

 

Libres de cœur et de corps

Les textes  les plus anciens et la tradition dépeignent la femme de la montagne menant sa vie conjugale dans un esprit d'indépendance et de liberté que ses sœurs de la plaine lui enviaient. Strabon a témoigné de l'existence d'une certaine forme  de matriarcat dans les montagnes du nord de la péninsule ibérique. Si, dans les Pyrénées, la primauté féminine  n'allait pas jusqu'à l'assujettissement des mâles, elle entraînait l'égalité des droits dans la vie publique et dans la transmission de la richesse. Les annales du Lavedan ont gardé le souvenir du "Non" de Gailhardine de Fréchou, annulant une décision de la communauté de Saint-Savin. Les "héritières" de la vallée d'Ossau se faisaient remarquer par l'allure hautaine avec laquelle elles portaient leur riche costume. Le gendre entré dans la famille était souvent considéré comme un valet d'une catégorie un peu supérieure. Le droit des femmes à disposer de leurs biens allait jusqu'à donner le sentiment qu'elles pouvaient aussi disposer de leur corps comme de leur coeur, à leur gré.

Au XVIIIe siècle, les évêques de Bayonne fulminaient encore contre les mariages à l'essai, courants au Pays Basque. En Bigorre, au Moyen-Age, coutume encore plus insolite, de véritables contrats de services sexuels, appelé mancipium, existaient entre des hommes mariés et des femmes appelées massipia. De celles-ci, l'annaliste Larcher, qui ne précise pas toujours, il est vrai, les sources de ses dires, donne cette définition : "Les massipia étaient des concubines autorisées par une coutume abusive et criminelle, du moins chez les gentilshommes, pour en jouir et rendre d'autres services, moyennant une récompense en fonds de terre ou en argent." Le moins que l'on puisse dire c'est que la servante affectée aux plaisirs du maître avait, dans les Pyrénées, un nom qui valait un titre. Ceci avait pour les deux partenaires un avantage sérieux : l'état de massipia ôtait à leurs relations le caractère de honte et de clandestinité qui s'attachait à l'adultère. Ils ne risquaient donc pas la sanction sociale habituelle dans les pays pyrénéens : la dénudation publique et l'obligation de courir dans cet état à travers les rues de la villes sous les coups de verges.

Un mariage sortant de l'église de Laruns (Béarn), lithographie de Maurice (1850)

 

L'indulgence manifestée pour le concubinage paraît même avoir été reconnue officiellement par certains contrats en Béarn. Ainsi Guilhem deu Cog, charpentier, et Gailhardine de Pardies, mariés chacun de leur côté, se promettent mutuellement de s'épouser quand ils seront veufs. En attendant, Guilhen s'engage à entretenir Gailhardine "comme concubine".

On pourrait voir une preuve ancienne de cette émancipation féminine dans le fait que presque toutes les révoltes survenues au XVIIIe siècle dans les Pyrénées ont été le fait des femmes. Ainsi, un matin de 1748, des femmes de Saint-Jean-Pied-de-Port essayaient  de déchiffrer un avis public annonçant de nouveaux droits sur le suif, la cire,  la poudre de riz, le papier, etc... Un plaisantin s'offrit à leur expliquer le contenu et leur apprit qu'on allait taxer le feu, l'eau, le vin, le balayage des maisons, etc... l'exercice des droits conjugaux. Stupeur, indignation, tumulte au cours duquel les autorités municipales furent malmenées. Quand le calme revint, les Etats de Navarre obtinrent des lettres de rémission pour les maris, qui dans leur plaidoyer avouèrent "n'être pas maîtres chez eux, et ne pas avoir voulu tenter de paraître en cette occasion..."

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

                       1 - 2 - 3