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Il était dans l'ordre des
choses qu'après tant de batailles sur les murs verticaux, après tant de
photos d'action et de voyages, Louis Audoubert ait fini par choisir
d'exprimer sa vision des lacs par le panoramique. La vue élargie
s'accommode bien de ces espaces vides, ces non-lieux, ces reposoirs. De
loin, le lac est cette épure qui tranche le chaos. De près, c'est tout un
monde qui fourmille, le scintillement de l'eau sous la brise, le
moutonnement de la boule, la brisure des vagues sur la grève. |
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Depuis plus de trente ans
qu'il photographie les Pyrénées, jamais Louis Audoubert ne nous avait
proposé un travail aussi abouti, aussi personnel, aussi étudié. Comme ici
la lente maturation des images qu'il porte en lui depuis tant d'années
avait fini par produire la peinture d'un paysage, non plus saisi sur le
vif, mais au contraire mûrement composé, voulu, attendu.
Oser le portrait de l'Ossau en
statue du commandeur, masse plus noire que la nuit surplombant Anayet.
Inventer une autre immensité au minuscule laquet de la Brèche. Convoquer
les brumes 'Aumar et Aubert, s'immerger dans l'or du soir à Colomers,
laisser s'englacer le gorg Nègre, monter voir le Laurenti... Voilà des
tableaux suspendus à rien, comme des rêves dans l'espaces. |