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La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Danses et mascarades3

La danse venue des Cyclades
"Contrapas et camada rodona"
Mascarades guerrières

 

Mascarades guerrières

Il arrive que, en dehors de la saison touristique, on puisse voir encore au Pays basque ces rondes masculines typiques des Pyrénées, qui ont gardé dans le monde de la chorégraphie l'appellation de "sauts basques". Le buste restant immobile, les bras pendant le long du corps, les danseurs font preuve d'une incroyable agilité des jambes, d'une puissance dans la détente des jarrets que seules les étoiles de l'Opéra et du Bolchoï.

 

Les traditionnelles danses des bâtons, les makhila dantza, mettent en scène des participants opposés en deux rangées et rappellent les danses des épées des Guipuzcoans.

Ce cérémonial guerrier qui évoque le souvenir des pyrrhiques grecques et les bondissements rituels des Curètes, se retrouve dans les danses d'autres pays pyrénéens. Le contact avec la civilisation moderne a transformé ces coutumes populaires en une sorte de mascarade.

Francis Jammes, voyant à Orthez, vers 1900, les danseurs béarnais de Baigt manier leurs bâtons, n'a pas saisi les antécédents héroïques dont leur exhibition n'était qu'un reflet incompris. Il en parle ainsi "...Dix ou douze nigauds revêtus de costumes de calicot passementé de bleu, la culotte bouffante à mi-mollets, faisaient le simulacre de se battre en duel, en sautillant. Les épées étaient remplacées par de longues aiguilles  de bois mouchetées..."

En Lavedan, les danseurs du Bayard de Luz se servaient d'épées de bois, avec les mêmes évolutions essentielles. Et à Saint-Pée-de-Bigorre la danse du pantelou n'était pas autre chose.

Dans l'antique danse des bergers de Montpellier, décrite au XVIIe siècle, on peut voir la même évolution des hommes porteurs de l'épée et croisant leurs armes. "Deux files de pâtres parcourent les rues, sautillant en cadence au son du tambour et du hautbois. Ils sont en manches de chemise, pantalons blancs et souliers ornés de rubans, armés de gros bâtons. En tête marche un enfant de dix ans, le plus souvent un garçon mais toujours habillé en fille, avec des oripeaux éclatants, du fard, et une couronne de fleurs. Il est escorté par un adolescent armé d'une baguette blanche. De place en place, les deux files font volte-face et s'engagent autant de combats simulés qu'il y de couples.  Quand la bataille devient trop forte, l'adolescent s'élance en dansant et sépare de sa baguette les bâtons qui s'arrêtent sur le champ. Puis les files se réforment et la marche reprend."

L'habitude de porter des armes blanches était au moindre berger et au moindre paysan comme un signe d'indépendance et de liberté. Elle avait particulièrement frappé les voyageurs des XVIIe et XVIIIe siècles, comme la tenue des danseurs pyrénéens, leur gravité, leur hiératisme impressionnèrent Alfred Tonellé au XIXe siècle.

Basques et Béarnais ne portent plus d'épée,  mais le vieux makhila basque cache dans une poignée une lame redoutable. Et il faut voir avec quelle aisance et quelle noblesse les bergers des hautes vallées utilisent leur bâton de néflier ou de houx... Il n'y a pas si longtemps qu'ils maniaient le terrible javelot ibère... L'un des jeux préférés des petits Béarnais n'était-il pas autrefois le plante-coutet, au cours duquel ils égalaient les plus sûrs lanceurs de navajas espagnols ?

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

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