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Lettre d'informations n°33

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Azet, le 31 mai 2005 L'atavisme et la recherche de sa subsistance font du berger un solitaire malgré lui. Mais cette solitude à laquelle il se résigne, d'autres l'ont recherchée pour elle-même et s'y sont étrangement complus. Ainsi, au temps du Roi Soleil, les Pyrénées apparaissaient à beaucoup comme "un monastère des solitudes". On possède sur ce point le témoignage de Rancé, un beau gentilhomme converti par la mort de sa maîtresse et ami de l'évêque de Comminges en 1696. Au cours de leurs promenades, un jour qu'ils se trouvaient tous deux dans un endroit solitaire d'où l'on découvrait d'assez près les hautes montagnes, l'évêque remarqua que l'abbé les parcourait des yeux avec une attention qui le rendait distrait. Il lui dit qu'il avait la mine d'un ermite en quête d'un endroit où bâtir sa retraite. L'abbé rougit et avoua que c'était en effet sa pensée. "Si cela est, repartit l'évêque, vous ne pouvez pas mieux vous adresser qu'à moi. Je connais ces montagnes. J'y sais des endroits si affreux et si éloignés de tout commerce que, quelque difficile que vous puissiez être, vous aurez lieu d'être content". Ainsi à deux cents lieux de Versailles, les Pyrénées appelaient les âmes fières, les indomptables. Louis XIV ne connaissait que deux évêques qu'il n'avait pu fléchir, deux pyrénéens, Pavillon d'Alet et Choiseul de Comminges. Il ne pouvait même pas les envoyer plus loin...
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J'espère que celle-ci vous fera plaisir
de découvrir les différentes facettes des Pyrénées.
Bien cordialement.

© 2005 - Claude Azémard