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Le pasteur Louis-Charles
Frossard écrit en 1893 dans le Bulletin de la société Ramond :
"Le fait que la femme plie sous la charge alors que l'homme ne porte
rien, n'est pas dans le courant de la civilisation chrétienne, mais plutôt
un reste de mœurs sauvages et primitives. Tout le long de la chaîne des
Pyrénées, la femme est une femme de peine, presque une bête de somme."
Il est vrai qu'elle exécute les mêmes travaux que l'homme, ou du moins le
seconde-t-elle en tout : labours, moissons, fenaisons, traite des bêtes
tout en entretenant le potager et les volailles.
Mais à l'intérieur de la maison, elle règne en maîtresse, s'occupant de sa
gestion, des repas, de la couture et de l'éducation des enfants. Elle se
fait respecter et perpétue la tradition. Elle a la liberté de vendre pour
elle aux auberges des truites, des lièvres ou des isards braconnés ou tués
par inadvertance, et de s'acheter quelques fantaisies avec le produit de
la vente. Si chez elle, elle discute d'égal à égal avec son homme, en
public elle lui laisse le premier rang. Mari et femme se tiennent alors
discrètement, sans signe d'affection, ne se donnant jamais le bras, se
vouvoyant, comme leurs enfants qui les tutoient rarement.
Après réflexion de ce texte,
sommes-nous fiers, nous les hommes, de notre passé vis-à-vis de la
créature la plus belle de la Terre, qu'est la femme ? Franchement, je ne
pense pas ! Il serait temps de rattraper le temps perdu pour chérir la
gente féminine ! N'est-ce pas ?

Claude
Azémard

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