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Lettre d'informations n°48

 

Aller au marché le samedi était, pour la plupart, la grande sortie de la semaine. On s'y rendait régulièrement, même si on n'avait pas grand chose à y faire. En ville, il fallait remiser les véhicules. Quelques ânes restaient attachés, immobiles, dans un coin de la place du foirail. Mais sur la route, il y avait tous ceux qui s'en allaient à pied vendre volailles et bétail. Les femmes marchaient, sculpturales, avec sur la tête une corbeille de poulets ou de canards. Dans des paniers noirs fermés, portés au bras, elles avaient déposé, précautionneusement sur un lit de foin, les œufs de la semaine qu'elles vendaient, selon la saison, de dix à vingt sous la douzaine et aussi, roulée dans des feuilles de vigne ou de chou, la petite boule de beurre, faite avec de la crème, subtilisée prudemment au lait des livraisons quotidiennes. A cinq ou six heures de l'après-midi, le marché était fini. Les femmes par petits groupes, revenaient les premières, leur panier allégé où quelque paquet de sel, de vermicelle ou de sucre avait remplacé les volailles vendues. Les hommes, surtout ceux qui avaient fait "affaire", s'attardaient davantage. On ne traitait jamais complètement un marché sur place. C'était dans une auberge voisine, autour d'une 'tasse" de vin blanc, qu'on faisait ses comptes et qu'on alignait les pistoles. Le temps passait en conversations et bavardages. Les langues se déliaient. Il n'était pas rare d'entendre ces paysans qui n'élevaient la voix chaque jour que pour gourmander leur bétail, entonner quelques vieilles chansons.


Claude Azémard    

 

Cominac est un petit hameau situé à 5 km du village d'Ercé, étalé sur un vaste plateau ensoleillé. Il bénéficie d’une vue panoramique exceptionnelle sur les montagnes d’Aulus et sur le massif du mont Valier.

Comme au premier jour, le soleil illumine la muraille commune et son impressionnante porte. Depuis l'aube des temps, les Pyrénées scellent l'union des hommes par delà les différences de leurs pays au travers des grands ports hospitaliers, familiers des pèlerins de Saint Jacques, voyageurs et commerçants en lentes caravanes.

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© 2006 - Claude Azémard