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C'est vers 1860 que l'on
commence à s'intéresser dans les Pyrénées au commerce de la glace. Il
existe deux façons de procéder en matière de transport : le portage sur le
dos, appelé coltinage, utilisé exceptionnellement, et le transport sur les
chariots, beaucoup plus courant. Dans le premier cas, les blocs de glace
sont descendus de la montagne à dos d'homme avec une simple peau de mouton
pour protéger du froid la tête et les épaules du porteur. C'est dans la
région d'Aulus
que cette méthode est utilisée par certains hôteliers qui engagent de
robustes montagnard pour aller chercher de la glace. Ces hommes s'en vont,
le soir venu, découper des blocs de plus de 60 kg qu'ils chargent sur
leurs épaules. Ils ne reviennent qu'à l'aube, après une nuit de marche,
pour débiter et livrer les immenses pains de glace.
La méthode la plus utilisée consiste à construire de vastes glacières dans
lesquelles les paysans déversent la neige transportée sur des charrettes,
neige qu'ils tassent puis recouvrent de feuilles de hêtre pour en
faciliter la conservation. Ils confectionnent ensuite des blocs de glace à
l'aide de moules et les chargent sur des chariots que des rouliers
acheminent la nuit vers la plaine. Toutes les principales villes sont
ainsi desservies. Vers 1870 à Rabat, dans le canton de Tarascon, on allait
recueillir la glace au massif des Trois-Seigneurs : "Six tonnes de glace
étaient expédiées quotidiennement sur Toulouse. Il fallait deux jours et
une nuit aux rouliers pour faire ce transport qui se soldait par un tiers
de perte en chemin", signale Michel Chevalier.

Claude Azémard

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