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Lettre d'informations n°62

Les Pyrénées, le 31 juillet 2008


Si l'homme primitif a fait de la montagne le séjour de plus grand que lui, c'est qu'il y voyait comme le trait d'union qui reliait le ciel et la terre, le monde universel au monde humain, l'infini au fini, l'éternel aux choses qui passent. Au-dessus du nuage qui fuit, change, s'évanouit comme la vie, toujours persistent ces formes rigides, pures, lumineuses et comme indestructibles, supérieures à toutes choses d'en bas, plongées dans la haute région de la sérénité suprême. Voila le premier sentiment d'admiration de l'homme pour la montagne. L'homme civilisé l'avait perdu, nous l'avons non point inventé, mais retrouvé.
D'où vient l'émotion qui nous saisit à la première vue lointaine d'une chaîne montagneuse ? Ce linéament d'un bleu pâle, ponctué de blanc pur, à peine différent d'un nuage, pourquoi produit-il sur nous une impression si particulière ? Souvent les illusions revêtent l'aspect de la réalité ; ici c'est l'inverse : la réalité prend l'aspect de l'illusion. Fondue dans le bleu du ciel, presque invisible à force de pâleur, c'est la dentelure des Pyrénées. Si elle ne nous parle plus, comme au sauvage de l'âge de pierre, du dieu méchant ou inquiétant qui l'habite, la montagne réveille en nous, sous l'homme utilitaire ou médiocre, l'être simple qui s'est conservé en nous à notre insu. Elle rapetisse le cadre journalier de notre vie par son immensité. Sa vue secoue toutes nos habitudes immédiates, fait vibrer des fibres qui ne vibrent presque jamais, réveille des impressions vieilles de milliers d'années et cependant toujours jeunes, toujours fraîches...

Franz Schrader, 1897

Je reviens des Pyrénées et je suis encore une fois récompensé d'avoir foulé les sentiers de celles-ci. Toujours aussi belles. J'ai l'impression que celles-ci s'embellissent par sa flore abondante qui envahisse de plus en plus ses pentes. Je suis retourné dans les 3 cirques (Troumouse, Estaubé et Gavarnie) en passant par la hourquette d'Alans. Ceux-ci sont toujours aussi sauvages et grandioses par leur beauté. Ensuite, j'ai été revoir mon Vignemale qui par son imposante allure laisse le randonneur subjugué par sa forme majestueuse. J'ai découvert le lac d'Estom avec son refuge par la Fruitière ainsi que le refuge Russel. Un seul mot : magique par ses cours d'eau et sa flore. Ensuite, j'ai terminé dans le Béarn en allant à Borce, village médiéval à découvrir. Tout près, le chemin de la Mâture avec son Fort de Portalet en face. Entre temps, j'ai utilisé le petit train d'Artouste. Bref, 3 semaines avec plein d'images dans ma tête que je vous offrirais par la suite sur www.balades-pyrenees.com  qui a été évoqué dans le n° 235 juillet 2008 dans Bulletin Pyrénéen.


Claude Azémard    

 

Quelques gentianes de Koch que j'ai aperçu à la hourquette d'Alans. Le nom vient de Gentilus, roi d'Illyrie qui vivait vers l'an 150 avant Jésus-Christ et qui aurait recommandé une espèce de gentiane pour guérir la peste.


L'outil indispensable que je viens d'acquérir à la connaissance floristique des Pyrénées : 1800 espèces décrites et représentées en 330 planches à la plume. Un ouvrage exceptionnel : "La science y rejoint l'art, l'art y rend la science aimable" (Claude Dendaletche). Notices en vis-à-vis des planches, clefs de détermination, milieux naturels et groupements végétaux.

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J'espère que celle-ci vous fera plaisir de découvrir les différentes facettes des Pyrénées.
Bien cordialement.

© 2008 - Claude Azémard