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Les Pyrénées, le 30 septembre
2008
C'est parce qu'il n'y a pas assez de confort au village, ou à la ferme, et
parce que le travail du paysan n'est pas rémunéré en raison de sa peine
que nos campagnes se dépeuplent. La maison rurale est toujours incommode,
archaïque, inconfortable. Ni eau à l'évier, ni gaz, ni électricité, ni
voirie. Il faut faire souvent plusieurs kilomètres pour s'approvisionner.
On ne trouve même pas de laveuse et il faut tout faire soi-même. Or, on
quitte volontairement un pays où l'on vit mal. Les jeunes gens, surtout
les femmes, plus exigeants quant à leur bien-être que leurs aînés, ne
veulent plus rester à la campagne.
La vie y est d'ailleurs plus chère qu'à la ville, notamment pour le pain,
la viande, les transports, les vêtements... La main-d'œuvre est rare et
les ouvriers médiocres. Il faut compter avec les aléas de la terre,
l'hiver rude et l'été trop sec, les maladies des plantes et du bétail...
Et les machines agricoles, autant que les engrais et les semences sont
hors de prix. Les intermédiaires s'enrichissement pendant que
l'agriculteur trime toute l'année. Voilà pourquoi l'ouvrier agricole
quitte les champs pour l'usine, le magasin ou le chemin de fer....
Plaidoyer en faveur des
agriculteurs qu'Albert Constant a publié en 1930.

Claude Azémard
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