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L'ours a toujours fasciné les
Pyrénées. Autrefois, jusqu'au milieu du siècle passé, il était chassé,
traqué, ce qui a conduit à sa quasi-disparition. Autre image, encore très
présente et pas très flatteuse pour nos Pyrénées en définitive : celle des
montreurs d'ours. Une activité qui permettait de se faire quatre sous
supplémentaires pour les plus intrépides, mais qui relevait d'une rare
barbarie.
Les ours n'étaient jamais
capturés adultes : bien trop dangereux. Il fallait d'abord tuer la mère,
de loin, et ensuite récupérer les oursons sans défense. Exceptionnelle
bravoure. Ces oursons étaient ensuite attachés dans un coin de la cour de
la maison, même pas comme de vulgaires chiens, qui eux, avaient droits à
plus d'égards. Ils étaient nourris, histoire de les faire grandir. Mais
cet intermède à peu près confortable ne durait guère : les oursons
allaient connaître bientôt un dressage de fer. Au sens propre. Il lui
fallait suivre partout son montreur, sans opposer la moindre résistance.
On allait donc lui apprendre les bonnes manières, à ce fauve indomptable.
Il était solidement attaché contre le tronc d'un arbre, garrotté pour
qu'il ne bouge pas la tête : au fer rouge, on lui perce la mâchoire à un
centimètre derrière les dents et dans le trou ainsi fait, on passe
l'anneau de fer où sera attaché la chaîne. On se doute bien qu'après ça,
l'ours n'aura même plus envie de bouger une oreille. Cette "ferrade" était
une attraction très prisée et attirait beaucoup de monde. Les hurlements
de la bête plaisent beaucoup. Douce nature humaine... |