|
22 août 2011 : Les chiens tuent plus
que les ours !
Craintives, les brebis de Joël
Castaing ne se laissent plus facilement approcher. « Et dès qu'elles
voient un chien, c'est la panique » précise cet éleveur d'Espèche, dans
les Hautes-Pyrénées, devant la quarantaine de bêtes qui lui restent au pré
sur un troupeau d'une soixantaine, au début de l'été… « 12 brebis tuées, 5
disparues à 150 € la brebis… », résume-t-il… Mais il ne touchera aucune
indemnité.
Il a très bien vu les deux chiens de chasse qui s'enfuyaient après le
carnage. Mais leur propriétaire ne s'est évidemment pas fait connaître.
Faute d'identification du responsable, l'assurance n'a donc rien payé. «
Et les gendarmes n'ont pas pu prendre ma plainte ». En effet, « il n'y a
pas d'infraction pénale pour un chien qui tue du bétail, mais des
réparations civiles » explique la gendarmerie de Lannemezan. Ce qui au
final, laisse donc Joël impuissant et révolté. Et son cas n'est pas isolé,
en Midi-Pyrénées.
Sujet tabou
Douze brebis tuées dans le Lot, entre le 25 juillet et le 2 août derniers.
Une douzaine d'autres dans le Tarn, d'avril à juillet, sans oublier les
attaques dans le Lot et Garonne, en février et mars… La liste est loin
d'être exhaustive.
« Entre 2004 et 2007, j'ai perdu 40 brebis à cause des chiens », témoigne
ainsi Jean-Bernard Castéran, qui a réglé le problème en prenant un patou
pour veiller sur les 1 600 têtes qui lui sont confiées dans le Louron mais
refuse tout parallèle avec l'ours « car ce n'est pas comparable ».
Président de l'association des bergers salariés des Hautes-Pyrénées il
poursuit : « c'est rare que l'on n'ait pas des attaques dans les estives
basses, souvent à l'automne. La mortalité normale pour un troupeau, c'est
2 à 3 % pour l'essentiel dus à la maladie, aux accidents, mais les chiens
ce n'est pas négligeable non plus ».
Seulement voilà, si l'on sait comptabiliser que l'an passé, l'ours a tué
167 brebis pour un cheptel ovin estimé à 500 000 sur l'ensemble du massif,
brebis indemnisées 250 € en moyenne… « Pour les chiens et leurs dégâts, il
n'existe rien » confie un éleveur.
Un règlement discret et radical
Pourquoi ce silence entourant ces chiens prédateurs ? « Même en ayant
identifié les chiens lors d'une attaque, je n'ai rien pu obtenir. Faute de
preuve, leur maître a tout contesté », confie Jean-Bernard.
Or si lui a désormais décidé de toujours emporter un appareil photo, au
cas où… d'autres ont des solutions plus radicales…
« Sachant qu'un chien qui a goûté au sang recommencera, s'il n'est pas
traité à l'amiable, le problème du chien divagant est généralement réglé
discrètement et définitivement par des voies « non officielles », et comme
majoritairement, ce sont des chiens du voisinage, on préfère ne pas en
parler », résume un fonctionnaire de l'Agriculture. De plus, « l'attaque
de chien est accidentelle sur un territoire. Contrairement à celle d'un
prédateur sauvage, elle peut ne jamais se reproduire. D'où une différence
de réaction, sans doute », souligne Marc Dimanche, l'un des rares à avoir
étudié le sujet.
Source :
www.ladepeche.fr
 |