Olympe des Catalans, le Canigou est un remarquable massif étoilé, bien détaché de la chaîne frontière, offrant tous azimuts des vues splendides par temps clair et présentant des contrastes saisissants.
En 1276, le roi Pierre III d'Aragon en gravit les pentes, encadré par une forte escorte. Soudain, d'un lac où flotte une odeur de soufre, sort un dragon terrifiant. Toute la troupe prend ses jambes à son cou. Seul, le roi poursuit l'ascension et se dresse au sommet qu'il croyait le plus élevé des Pyrénées. Quelle glorieuse conquête !
En 1907, un lieutenant de gendarmerie parvient à cheval aux 2784 m du sommet.
En 1901, déjà, on projette de construire un chemin de fer à crémaillère jusqu'au dôme sommital. Vers 1950, on étudie l'installation d'un périphérique, puis l'installation d'une station de ski. On trace des pistes sur des dizaines de kilomètres, qui sont comme autant de coups de fouet sanglants sur le dos du Canigou. Les 4 x 4 arrivent, les tout-terrain soulèvent des nuages de poussière dans les vrombissements des moteurs et dans l'odeur d'huile brûlée. Et soudain tout se calme grâce à l'administration et aux collectivités locales : le massif du Canigou est classé "zone protégée pour la beauté de son site et pour la sauvegarde de sa flore et de sa faune"... Bravo pour cette décision !