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La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Au son de la flûte et du tambourin1

Pour charmer les forces magiques
Le tambourin des orgies de Cybèle


Un des musiciens ossalois, Robert Breteil écrivait : "Tous les étrangers qui, depuis plus d'un siècle, ont promené un désœuvrement distingué dans les vallées des Pyrénées, se sont émerveillés ou ont bâillé d'un ennui agacé en écoutant les rustiques ritournelles de la flûte et du tambourin."

Il parlait des curistes des Eaux-Bonnes, assistant aux fêtes du 15 août à Laruns ; il aurait pu le dire des baigneurs de Biarritz écoutant le joueur de chirula  taper sur son ttun-tthun.

Le tambourinayre provençal et le chistulari basque, soufflant dans leur flûte à trois trous et tapant sur leur caisse, ont pu se croire dans le temps chacun de très bonne foi, seuls de leur espèce à se servir de ces instruments. Mais aujourd'hui, il est impossible d'échapper à l'évidence qu'ils sont les élèves du même conservatoire antique des civilisations orientales, joueurs des plus vieux instruments de musique du monde.

 

Pour charmer les forces magiques

 

La flûte ossaloise est un tube de buis de 37 cm, muni d'une anche de cuivre en sifflet. Dans la partie inférieure sont percés  deux trous situés à 26 mm l'un de l'autre. Un troisième trou, opposé aux deux autres, se trouve ménagé à la même distance des premiers. Deux anneaux servent à maintenir la flûte entre l'annulaire et l'auriculaire. L'instrument en la majeur, s'étend sur un octave et une quinte, du si naturel au fa dièse.

Cet orchestre, surprenant par sa simplicité, vient de ces temps immémoriaux où l'homme, au fond des cavernes, commençait à chanter pour charmer les forces invisibles. L'envoûtement a été obtenu d'abord par un os utilisé en sifflet, puis percé de trous pour moduler le son. La caverne basque d'Isturitz en a livré le premier exemplaire connu. Les peaux tendues ont ensuite fait découvrir leurs mystérieuses propriétés de résonance : "Mais de nos jours, dit Bréteil, la forme et la couleur de nos instruments de musique obéissent à des impératifs rituels oubliés. Aucun n'a la forme que la connaissance des lois de l'acoustique lui eût normalement donnée."

L'os de mouton percé de trous découvert par Passemard dans les fouilles  d'Isturitz, est, par la disposition même de ses trous, l'ancêtre de la flûte d'Ossau, comme de la tchirula basque. Une flûte d'argent donnant la gamme de la flûte souletine, découverte à Ur, en Chaldée, par l'archéologue Wolley, a pu donner, quarante siècles après, la gamme : ut, , mi, fa dièze, sol, si.

Les flûtes des tombes égyptiennes comportent également trois trous. En Grèce, les aulos et les monaulos servaient aux cultes de la nature en l'honneur de Cybèle et de Dyonisos, ce qui leur attira plus tard les foudres des pères de l'Eglise, car les danses qu'elles rythmaient étaient d'une sensualité exacerbée.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

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