Livre d'or

Mises à jour

 Offices de tourisme

Plan du site

Randonnées

Sondages

Accueil

Cahier pratique

Cartes virtuelles

Flore

Gastronomie

Humour

Légendes

Traditions

Annuaire de sites

Conseils

Étapes du GR® 10

Fonds écran

GR® 10

Identités

Lettres d'informations

Villages et villes

Bibliographie

Cartes anciennes

Faune

Forum

Gîtes et refuges

Lacs

Lexique

Webmaster

 

Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"

 

Les femmes pyrénéennes et l'amour2

     Libres de cœur et de corps
     Pour en faire à son plaisir
     Un ancien rite magique

 

" Pour en faire à son plaisir..."

C'est aussi dans ces vallées où les femmes et les hommes se considéraient comme libres et égaux, que les historiens ont trouvé les témoignages les plus nets du fameux "droit de cuissage", ce serpent de mer de l'histoire féodale.

 

Le roi Henri II de Navarre avait ordonné au Parlement de vérifier les déclarations de dénombrement des droits féodaux, faites pour tous les seigneurs du royaume, par devant Jacques de Foix, évêque de Lescar, le 23 janvier 1538. La déclaration de Johan, seigneur de Louvie-Soubiron, Listo et les autres lieux, énumérait ses droits de servitude, de corvée, de fers, de prison... et de "braguette" envers neuf "maisons questales" : lorsque les habitants des maisons citées se marient, "ils sont tenus avant de jouir de leur femme, de les présenter la première nuit au seigneur, pour qu'il en fasse à son plaisir, ou autrement ils lui paient certain tribut". (Article 22). "Ils doivent payer également une somme d'argent pour chaque enfant qu'ils engendreront. Et  s'il advient  que le premier-né soit un enfant mâle il est affranchi parce qu'il pourrait être engendré des oeuvres dudit seigneur dans la premier nuit de ses plaisirs. (Article 23).

 

Ces maisons où le seigneur pouvait far a son plaser, et qu'on appelait los bragaris de Lobier, se trouvaient sur le territoire de la commune d'Aas. Le souvenir de ce tribut était resté légendaire en Ossau. Lou dret de  braguete (le droit de braguette) a inspiré une chanson au pâtre et poète Gaston Sacaze, au début du siècle dernier :

Ay ! Ay ! De jou, praubete de jou !
Aïe ! Aïe ! Pauvre de moi !
Prenetz esample a ma doulou.
Prenez exemple à ma douleur.
Las de Louvie-Soubirou.
Celles de Louvie-Soubiron.

Le plus piquant, c'est la paroisse de Louvie-Soubiron ayant acquis des droits du seigneur, prétendait encore en 1766 les exercer sous la forme d'une redevance en argent, que les nouveaux mariés des neuf maisons susdites devaient payer, pour s'exempter de la coutume déshonorante. Mais le fait n'est pas isolé : à Saint-Savin, l'exercice de ce droit par l'abbé avait pris une forme gracieuse et symbolique : la plus jolie fille d'Argelès lui offrait un bouquet dans une corbeille...

Dans le dénombrement de 1538, un autre noble béarnais, le seigneur de Bizanos, avait également invoqué ce droit de dormir avec la mariée la première nuit de ses noces. Les descendantes des serves de son domaine, les questales, devaient passer à la praegustation du seigneur ; mais à cette époque il n'exigeait plus le tribut qu'en argent.

Les questaux étaient des serfs. Attachés à un fonds, ils devaient le cultiver pour le seigneur. S'ils quittaient la terre, le seigneur pouvait les faire rechercher et les ramener de force, d'où le nom de questau, qui vient de quaesitus, recherché par force. Comme l'esclave antique, le questau pouvait acheter son affranchissement moyennant une redevance qui lui donnait la propriété de la terre qu'il cultivait.

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

 

                       1 - 2 - 3