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Ces maisons où le seigneur
pouvait far a son plaser, et qu'on appelait los bragaris de Lobier,
se trouvaient sur le territoire de la commune d'Aas. Le souvenir de ce tribut
était resté légendaire en Ossau. Lou dret de braguete (le droit de
braguette) a inspiré une chanson au pâtre et poète Gaston Sacaze, au début du
siècle dernier :
Ay ! Ay ! De jou, praubete
de jou !
Aïe ! Aïe ! Pauvre de moi !
Prenetz esample a ma doulou.
Prenez exemple à ma douleur.
Las de Louvie-Soubirou.
Celles de Louvie-Soubiron.
Le plus piquant, c'est la
paroisse de Louvie-Soubiron ayant acquis des droits du seigneur, prétendait
encore en 1766 les exercer sous la forme d'une redevance en argent, que les
nouveaux mariés des neuf maisons susdites devaient payer, pour s'exempter de la
coutume déshonorante. Mais le fait n'est pas isolé : à Saint-Savin, l'exercice
de ce droit par l'abbé avait pris une forme gracieuse et symbolique : la plus
jolie fille d'Argelès lui offrait un bouquet dans une corbeille...
Dans le dénombrement de 1538, un
autre noble béarnais, le seigneur de Bizanos, avait également invoqué ce droit
de dormir avec la mariée la première nuit de ses noces. Les descendantes des
serves de son domaine, les questales, devaient passer à la
praegustation du seigneur ; mais à cette époque il n'exigeait plus le tribut
qu'en argent.
Les questaux étaient des
serfs. Attachés à un fonds, ils devaient le cultiver pour le seigneur. S'ils
quittaient la terre, le seigneur pouvait les faire rechercher et les ramener de
force, d'où le nom de questau, qui vient de quaesitus, recherché
par force. Comme l'esclave antique, le questau pouvait acheter son
affranchissement moyennant une redevance qui lui donnait la propriété de la
terre qu'il cultivait.
"Guide des Pyrénées
mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou
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