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Le long contact du Roussillon avec l'Espagne a dû nécessairement jeter une teinte espagnole sur les mœurs de ce pays. Cette nuance est aujourd'hui presque effacée dans les villes ; cependant elle perce encore dans le goût des cérémonies religieuses, dans une certaine indifférence pour les affaires, dans la prédilection pour quelques amusements de la Péninsule. C'est dans les campagnes que l'influence espagnole se fait vivement sentir. Là, les courses de taureaux sont encore à l'honneur ; par une espèce de contradiction morale, le peuple est à la fois sobre et enclin à une ostentation de prodigalité, vif, irascible et ami du far niente. Sa vigueur et son énergie, une fois mises en mouvement, le rendent capable de souffrir les plus dures fatigues, d'affronter les plus grands dangers. Hors de là, son existence est toute passive. Le plaisir est pour le Roussillonnais un puissant aiguillon ; il aime la danse avec passion, il s'y livre avec excès. La langue catalane est à peu près la seule en usage dans les campagnes. (1875)
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