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Quand c'est le père qui accouche
Le rite de la "couvade" est
souvent cité comme caractéristique de l'antiquité des mœurs des
populations montagnardes. Une tradition veut que chez les Béarnais comme chez
les Basques, le mari, après l'accouchement de sa femme, prenne sa place au lit,
avec l'enfant à son côté, pour le couver en quelque sorte.
Au XVIIe siècle, un médecin de
Carcassonne, Sacombe, écrit dans la Lucinade, un poème en dix chants sur
l'art des accouchements.
On disait qu'il y avait là un
vieil usage basque, sans savoir s'il était antérieur au christianisme. Ne le
trouvant pas dans leurs traditions, les Béarnais attribuèrent la coutume aux
Basques ; ceux-ci pour les mêmes raisons, en font une pratique béarnaise. C'est
un épisode de la rivalité traditionnelle entre les deux communautés.
Des sociologues ont pensé que
l'origine de cette légende se trouve peut-être dans la lutte qui a opposé
matriarcat et patriarcat dans le subconscient collectif des populations
pyrénéennes. Ainsi les maris des "héritières", réduits à un rôle secondaire au
foyer, auraient trouvé une sorte de revanche dans un rite où ils jouaient à leur
tour le personnage principal. Le goût des Béarnais pour la plaisanterie leur à
fait perpétuer la coutume, mais du fait d'un certain ridicule s'attache à la
situation du père en gésine, ils ont laissé croire à l'origine basque de la
coutume. Pourtant, la référence de Strabon semble bien leur donner tort, car les
Venarni, selon toute apparence, et d'après les archéologues, sont bien
les ancêtres des Béarnais.
Aujourd'hui encore, l'heureux
père est fêté autant, sinon plus, que l'accouchée, par ses amis et ses voisins,
sur les lieux de l'évènement, et le festin de baptême, comme les autres repas de
fête, reste une cérémonie essentiellement masculine.
"Guide des Pyrénées
mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou
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