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Refuge d'Araing - mines de Bentaillou - Eylie-d'en-Haut

35ième étape

Durée : 4 heures pour 7 km


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Le matin, nous quittons le refuge de l'étang Araing (1950 m) avec son étang vers 9 heures. Nous sommes dans la brume. Un panneau indique une direction qui semble erronée, nous allons vers la direction indiquée avec prudence pendant quelques dizaines de mètres. Effectivement, aucune trace du GR 10, nous décidons de revenir sur nos pas, mais voilà, le sol est rocailleux et nous nous égarons car nous ne retrouvons pas les traces de notre passage. Pendant une vingtaine de minutes, nous cherchons le chemin. Nous sommes pas très fiers, surtout que la brume est vraiment épaisse et nous ne savons pas où aller. Nous consultons le topo-guide qui nous indique que le GR 10 suit à gauche la ligne électrique. Par chance, nous sommes près d'un poteau EDF, nous suivons la crête et nous retrouvons la serre d'Araing (2221 m).



De là, nous tournons à gauche, de la ligne électrique, le sentier descend assez rapidement, puis il court au bord d'une falaise ; nous dominons l'étang de Chichoué. Nous arrivons aux bâtiments de la mine de Bentaillou (1870 m). Tout au long de la descente, les ruines de cette exploitation minière jalonnent la montagne : pylônes, galeries avec les petits chariots, baraques délabrées à Bentaillou (1870 m) où s'abritent les brebis. Depuis le XIXe siècle et jusqu'aux années 1970, ces mines ont fonctionné de manière épisodique pour extraction du minerai de plomb et de zinc. La mine se situe sur le site de Chichoix-Bentaillou-Rouge. Le minerai de plomb argentifère et de zinc est au contact d'un calcaire cipolin et de quartzo-phyllades de l'Ordovicien. Les recherches autorisées en 1839 aboutissent à l'institution de la concession de Sentein et Saint-Lary, en 1848. Dix sociétés exploitantes, françaises, anglaises, franco-anglaise, et franco-belge se succèdent de 1853 à 1953, avec 34 ans d'inactivité en tout. Dates d'ouverture des différents niveaux : 1853 Chichoix (2080 m d'altitude), 1901 galerie Narbonne-Lara (1930 m), 1929 à 1935 galerie Saint-Jean de Bentaillou (1880 m) au départ pour l'hydroélectricité, 1947 Rouge (1650 m).La perforation à l'air comprimé débute en 1912. La production totale s'élève à 600000 t de minerais bruts. Succession des modes de descente du minerai : en 1853 par voie pour chevaux attelés, en 1865 par glissière hydraulique, suivant les conseils de l'ingénieur des mines Mussy, en 1879 par téléphérique, en 1901 par un second câble aérien, en 1904 par monocâble Etcheverry, utilisé jusqu'en 1953. Les ouvriers logeaient à Bentaillou (1880 m). Au XIXe siècle les mineurs étaient des paysans locaux et des ouvriers venus de la mine de fer de Rancié. L'État accorde des subventions-prêts en 1941 et 1944. La mine sera nationalisée en 1948 pour l'hydroélectricité et dénationalisée en 1949...



Nous passons au-dessus de la grotte de la Cigalère. Ensuite, nous commençons à descendre vers le col de la Catauère (1706 m) pour parvenir à la station de Rouge (1550 m), ancienne exploitation. Nous découvrons le petit village d'Eylie-d'en-Haut (990 m). Nous sommes les seuls randonneurs. Nous dînons chez le propriétaire du gîte.