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Jour de peine à Sare le 30 septembre 2003
Sinistre. Le clocher de Sare a brûlé mardi matin, en pleines fêtes du village.

 

Christophe Galichon.

On peinait à y croire, mais la nappe de fumée noire aperçue par-delà les collines de Cherchebruit ne laissait aucun doute : le clocher de l’église de Sare était bien en flamme.  L’alerte a été donnée mardi, vers 9 h 30, alors qu’un grand soleil baignait déjà le village encore endormi après une belle nuit de fête. Les 3 ouvriers de l’entreprise ACBL, d’Ustaritz, donnaient les derniers tours de clé à l’échafaudage ceignant le clocher : les travaux de rénovation de sa toiture devaient débuter quelques heures plus tard, pour durer jusqu’à la fin de l’année sous l’égide des Monuments historiques. Remarquant une odeur de brûlé, ils ont juste eut le temps de dévaler les échelles avant que l’incendie ne fasse rage. Les pompiers de Saint-Jean-de-Luz, de Saint-Pée-sur-Nivelle puis d’Anglet sont arrivés une demi-heure plus tard, suffisamment à temps pour préserver la nef et les galeries, et limiter le sinistre au clocher dont il ne reste que les murs. Sur 5 niveaux, il abritait notamment les répétitions de la chorale ou les cours de catéchèse.

 

Un étrange silence

Au-delà des dégâts matériels, il semblerait qu’aucun objet de valeur n’ait eu à souffrir du sinistre : la statue du porche avait été protégée en prévision des travaux. Nul ne pouvait dire mardi si la cloche en bronze allait pouvoir être récupérée : elle aurait chuté d’au moins deux étages quelques dizaines de minutes seulement après le déclenchement de l’incendie. La mine grave, le maire Jean Aniotzbehere annonçait, après concertation avec le curé et le président du Comité des fêtes, sa décision de poursuivre les fêtes. “ Le curé est dans un immense chagrin, mais il réagit bien, car l’essentiel de l’église a été sauvé, a souligné le maire. Concernant les causes, le plus probable serait un court-circuit au niveau de l’horloge électrique déclenchant la cloche. J’espère que c’est tout sauf un incident criminel ”. A l’ombre des façades de la Place emmaillotée de calicots multicolores, accoudés aux comptoirs de plein air, saratars, festayres et touristes regardaient le solide pilier du village cracher sa fumée, dans un étrange silence.