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Le trait des Pyrnes, sign en 1659 entre Louis XIV et Philippe IV d'Espagne, mettait fin (provisoirement) une longue priode d'affrontements et de rivalits entre la France et la maison d'Autriche ; il consacrait l'abaissement d'une Espagne en pleine dcadence qui cdait au vainqueur la province du Roussillon et, par-dessus le march, l'infante Marie-Thrse, offerte au Minotaure en gage de rconciliation entre les deux couronnes.

L'un et l'autre n'taient vrai dire que des lots de consolation pour le Roi-Soleil : il et volontiers troqu le Roussillon contre les grasses plaines et les bonnes villes des Pays-Bas espagnols (en gros, les rgions de Lille et de Dunkerque, la Belgique et le Luxembourg actuels). Quant la douce et niaise Marie-Thrse, son principal attrait consistait en la promesse d'une dot prodigieuse de cinq cent mille cus d'or, promesse vertigineuse et totalement irraliste, dont l'inexcution permettait pour l'avenir de fructueux chantages diplomatiques...

Le clbre article 42 du texte portait que "les monts Pyrnes qui avaient anciennement divis les Gaules des Espagnes seront aussi dornavant la division des deux mmes royaumes." Du coup, ce pacte sign sur l'le des Faisans, au milieu de la Bidassoa, et qui devint de ce fait "le de la Confrence", est rest dans la mmoire des peuples et dans l'imaginaire collectif comme un texte fondateur dlimitant avec prcision l'espace national des deux puissances. En fait, il n'en tait rien : la formulation tait des plus vagues et des plus ambivalentes. C'est ce que constataient deux sicles plus tard, l'poque du Second Empire, les dlgus franais de la Commission mixte pour la dlimitation de la frontire : "Contrairement une opinion rpandue, le trait des Pyrnes ni aucun des actes subsquents ne contenaient un rglement gnral de dlimitation. De l les conflits qui venaient si souvent exciter le dsordre parmi les districts limitrophes..."

 

Il fallut donc au moins deux sicles de gurillas locales et de commissions internationales, de runions et de marathons diplomatiques, pour arriver une dlimitation prcise et un trac peu prs incontest de la frontire. Napolon III, qui entretenait d'excellentes relations avec l'Espagne d'Isabelle II (et qui, sans doute, y attachait un prix particulier du fait de son isolement diplomatique en Europe) fut l'artisan inlassable de cette clarification qui, malgr les bonnes volonts rciproques, demanda quinze ans d'efforts, de 1853 1868, et trois traits principaux accompagns d'une Convention additionnelle d'abornement et de rglements divers.

 

 

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