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Les traditions

 


La naissance - Le mariage et la vie conjugale - Les femmes pyrénéennes et l'amour - Les rites funéraires - Le carnaval - Danses et mascarades - Mystères et processions - Au son de la flûte et du tambourin - Les Olympiades rustiques - "L'irrintzina"
 

 

Les femmes pyrénéennes et l'amour3

     Libres de cœur et de corps
     Pour en faire à son plaisir
     Un ancien rite magique

 

Un ancien rite magique
 

 

Aujourd'hui deux thèses  assez originales tendent à expliquer et même à excuser ces mœurs. L'une est avancée par l'historien Daniel Rops, qui rappelle que le serf se mariant  hors de la seigneurie devait à son seigneur un "droit de formariage". Le seigneur, dit-il, devait autoriser son serf ou sa serve à se marier ; mais, comme au Moyen Age tout se traduisait en gestes symboliques, pour marquer son accord, il posait ma main sur la jambe ou le lit des époux. Cette explication qui sauve rétrospectivement l'honnêteté et la pudeur des gentilshommes n'a que l'inconvénient d'ignorer le passage du dénombrement des droits du seigneur de Louvie, où il est question des enfants "nés de ses œuvres en la première  nuit de ses plaisirs".

 

Dans son livre sur Gilles de Rais, où les réactions les plus sublimes et les plus bestiales de l'homme médiéval sont analysées avec lucidité, Michel Bataille a mis en relief l'aspect primitif et mystérieux d'un acte qui semble de la survivance d'un rite magique ancien. "Sous la Révolution française, bien qu'il fût à peu près tombé en désuétude, ce droit de cuissage apparaissait comme le symbole des abus de la féodalité. Mais, au Moyen Age, on ne s'inquiétait pas pour si peu. Il semble même qu'il existe une superstition inattendue : faire couler le sang, croit-on, présente un danger magique. Comme les filles saignent souvent en perdant leur vertu, cela semble un risque à courir et l'on ne voit pas d'inconvénient, à tout hasard, à ce que ce risque soit pris par qui fait métier d'en prendre et précisément, à la chasse ou à la guerre, de faire couler le sang, c'est-à-dire le seigneur. A cette époque où les diables passent pour rôder un peu partout, l'éventuel fiancé rural préfère laisser le baron s'expliquer avec eux, même si c'est au prix de l'innocence de sa promise".

"Guide des Pyrénées mystérieuses" par Bernard Duhourceau - Tchou

 

 

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