![]()
|
Encore un peu engourdis par la fraîcheur matinale, le berger avec un membre de sa famille va chercher le troupeau de moutons à la bergerie du petit village. La chaleur des premiers jours de juin a motivé la transhumance de leurs 2500 brebis. Comme chaque année, il faudra une dizaine d'heures pour arriver aux estives. Les cinq chiens du berger rassemblent en quelques minutes le troupeau à la porte de l'enclos de la bergerie. Toute la famille et les amis rassemblés pour l'occasion se sont munis d'un 'cay', le traditionnel bâton du berger pyrénéen, qui permet d'attraper les pâtes des moutons sans les blesser. La gaieté et l'excitation des enfants témoignent de l'enthousiasme de tous. Ils n'auraient pas raté la transhumance pour rien au monde. |

|
Au programme de la journée, 22 kilomètres de marche. Les chiens se démènent pour contenir le troupeau et récupérer les brebis attardées qui broutent sur le bord de la route. Pour les derniers kilomètres, la montée se fait par un chemin rocailleux et particulièrement escarpé à flanc de montagne. Le troupeau s'étire en une longue file à l'ombre des sapins et des hêtres. Le paysage est grandiose, le chemin serpente sur le versant Est de la crête. Tout en bas, le ravin est jalonné de cascades. A la tête du troupeau, le berger veille à lui donner une allure constante. Le moindre ralentissement pourrait créer un encombrement qui précipiterait les brebis dans le vide. Après deux heures de montée harassante, le chemin s'ouvre enfin sur d'immenses pâturages. Épuisés, les bergers laissent le troupeau se diffuser tranquillement sur le pacage d'été. Le berger passera l'été ici, à surveiller les brebis. " Les journées sont parfois longues là-haut quand on est seul ", avoue-t-il, mais il rajoute en souriant que " de toute façon, la patience, c'est l'art du berger ". |